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 Cameron [SOTG]

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Stephy
charming anti-PRINCE
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Nombre de messages : 721
Date d'inscription : 30/05/2007

MessageSujet: Cameron [SOTG]   Jeu 23 Mar - 17:04

Cameron Pace

- I'm like a scarf trick, it's all up the sleeve
I taste like magic, waves that swallow quick and deep -

❧ Nom : Pace. Anglais en apparence, mais aux racines italiennes. Il ne faut pas se leurrer, les gens aiment bien deviner tes origines – quand tu n’es pas mexicain, on te soupçonne d’être indien, c’est chou, ou pas. Surtout pas… – mais dans les faits, outre quelques relents du passé, tu es un ne peu plus anglais. Mauvaise pioche. ❧ Prénom : Cameron. Un truc tout con. Tout simple. Anglais du moins, comme pour rassurer tout le monde quant à tes pieds bien enfoncés dans la boue de Londres. ❧ Surnom(s) : Ghost. Parce que ça sonne quand même badass. Parce que tu t’y crois presque, parfois. À la fois ici et pas vraiment. Et puis, tout le monde craint les fantômes, non ? Ils devraient. Kitty. Comme dans les Xmens et ce serait probablement drôle – voir acceptable – si ce n’était pas une fille qui avait le rôle. Franchement, t’as absolument rien d’un « kitty ». T’as songé à porter plainte, parce que ça atteint presque ton estime de soi, mais y’a mieux à faire. Alors tu te contentes d’ignorer le surnom et les miaulements qui suivent parfois. Y’a vraiment des cons partout, même chez les syndrigastis ! ❧ Age : 21 ans. Physiquement du moins, mentalement c’est autre chose. Gamin dans le corps d’un grand, tu t’es un peu perdu. Ta maturité nage encore un peu, ton corps encore trop vaste, les bras trop forts et le torse bombé, tentant en vain de tout combler. Alors qu’en fait, t’es aussi con qu’un mioche de 16 ans – ce que tu es encore, à quelque part. Tant pis. Tant mieux. Toi, ça te fait marrer. ❧ Lieu et date de naissance : Londres, 21 mars 1995. Puis tu as connu ta renaissance en 2009, à 14 ans. Quand t’as commencé à traverser les planchers, les murs et à perdre tes vêtements un peu partout. Ta première naissance ressemblait probablement pas mal à la première : à poil, en train de hurler, tout en battant des bras. VDM. ❧ Boucle Temporelle  : Castletown, 20 juin 2016. Non pas que tu aies demandé à y être, mais faute de choix, c’est le moindre des maux. À l’origine, on t’avait plutôt coincé dans la boucle de Londre, le 22 mars 1941, une sale année. Une sale date. Un sale endroit. Plus jamais. ❧ Localisation actuelle  : Castletown, Île de Man, 20 juin 2016. Et franchement, si ça manque un peu d’action et que tu aurais bien aimé un endroit plus… vivant, tu tolères plutôt bien. Mais tu es partant pour une nouvelle boucle à New York ou Vegas, pourquoi pas hein ! ❧ Occupation : Chieur notable. Tu pourrais probablement te montrer plus utile, mais tu as déjà proposé tes talents de cambrioleur et ça n'a pas plu aux piafs. Depuis, tout le monde peut - pour le moment du moins - aller se faire voir gentiment. ❧ Statut civil : Célibatard. Un cliché, un peu comme la cigarette qui te pend, en permanence, au bec. Une mauvaise habitude que tu as pourtant tenté d’abandonner – contrairement à la nicotine, à qui tu as juré fidélité. Du moins, c’est que tu aimes raconter. Il ne faut franchement pas s’y fier. ❧ Je ressemble à : Luke Pasqualino.
❧ Particularité  : Intangibilité. Ou comment se faire suer avec les petits rien de la vie. Parce que toi, tu peux passer à travers tout – ou presque : tes vêtements, les portes, le plancher du deuxième ou la paroi de la douche. Ça a l’air amusant vu comme ça, mais ce l’est beaucoup moins quand on se retrouve à poil dans l’étage du dessous, couvert de shampoing – la faute à des pensées égarées – pour la 10ème fois le même mois. Non, c’est très exigeant comme particularité, tu dois te concentrer, ne serait-ce que pour ne pas perdre tes vêtements – parce que non, tu n’es pas un Xmen et que te fringues ne comptent pas te suivre jusqu’au sol. Sans parler que tu as le vertige, donc la chute libre, tu essais d’éviter. Après, c’est pratique pour les cambriolages hein ! Mais tu es le cambrioleur à poil… ça c’est moins cool. De fait, tu dois songer constamment à ce que tu portes, à la cigarette qui te brûle le bout des lèvres et quand tu grimpe dans une maison – aussi bien dire que ta chambre est toujours au rez-de-chaussée, faut pas déconner non plus – tu réfléchis au plancher. Et après on s’étonne que tu aies toujours mal au crâne !
❧ Talon d’Achille  : La migraine. Un effet secondaire de ta concentration, parce que pour ne pas passer à travers tout et rien, il faut des efforts constants. Aussi bien dire qu’à la fin de la journée, tu as tendance à être moins patient et à chercher l’aspirine – non pas qu’elle aide, mais avec une cigarette, ça te détend. C’est psychologique tout ça. Ta dépendance à la nicotine. Quelques bouffées et tu te sens déjà mieux, qu’importe la migraine, qu’importe que tu sois à moitié dans le plancher, avec une cigarette tout va mieux. C’est psychologique aussi à ce qu’il parait. Mais l’effet, n’a rien de mental cela dit. Non, parce que tu tousses sans arrêt et que tu as la voix rauque – comme écorchée – quant au sport, n’en parlons pas. C’est un peu au-dessus de tes moyens et tes poumons peinent à suivre, tu te contentes AMPLEMENT de tes courses folles pour échapper aux « méchants » – ou flic en tout genre – dans la ville.
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❧ Ce que je pense des autres Syndrigastis : Tu fais au cas par cas. Tu en apprécies certains, mais pour d’autres, c’est mort. Trop faibles, trop cons, trop chiants. Qu’importe, ça ne collera jamais et tu ne feras pas d’effort – sauf pour les embêter. En fait, tu aimes bien faire suer ton monde, ça t’occupes l’esprit, ça compense pour toutes les merdes de ce monde. Quant à ceux que tu apprécies, tu aimes les entrainer dans tes idées de con, à savoir que tout est bon pour te divertir et que les particularités des autres ne sont jamais que des outils à utiliser. Pour toi. Pour eux. Pourquoi se privé ? Ça t’a toujours échappé.
❧ Ce que je pense des Ymbrynes : Ton avis est partagé, d’un côté elles t’insupportent. Geôlier, elles sont les gardiennes de tes prisons, or pareille à ta particularité, tu peines à rester à un seul endroit, à ne pas traverser de l’autre côté du mur. De la clôture. D’un autre côté, elles sont aussi tes protectrices et elles ont mieux géré ta personne que tes parents. Peut-être que si tu avais été un « bon » garçon, tu aurais pu réellement apprécier leur attention. Malheureusement, ce n’est pas le cas et tu es un souci de plus. Oh, parfois tu t’en veux de leur compliqué la tâche, mais honnêtement, ça ne dure jamais. Tu refuses d’être atteint du syndrome de stockholm.
❧ Ce que je pense des Humains : Tu les jalouses. Tu les détestes même parfois. En fait, si tu avais été un Xmen, tu ne serais pas cette idiote de Kitty, tu serais Magneto. Les humains sont cons, faibles et sous-éduqués à ton avis. La peur les rends stupide et la connerie, tu la côtoie déjà de trop près – genre ton miroir ? S’il faut accuser qui que ce soit de ton état, d’être prisonnier des boucles, c’est eux qui méritent les coups de bâtons. En fait, ils n’ont plus qu’une réelle utilité dans ton existence : te divertir, t’amuser, prendre les coups, subir tes conneries.
Mes petits Secrets
Tu es totalement dépendant de la nicotine et tu traines toujours ton briquet avec toi. Te le prendre, c’est chercher les emmerdes, parce que tu ne trouves pas ça drôle. Quant à ton addiction, elle te coûte la peau des fesses, deux paquets par jour. Et elle te bousille aussi la voix, mais ça… au pire, c’est sexy. Bonsouar mesdames… messieurs. ~ Tu fais des cauchemars la plupart des soirs, depuis ton séjour dans la boucle Londonienne de 1941. Tu fais d’ailleurs référence à cet endroit comme un enfer, la « maison sans fond / pleine de porte » et toujours avec un petit air anxieux. Tu t’es juré de ne plus jamais y remettre les pieds. Mais en attendant, tu es surtout cerné. Tu pratiquais le taekwondo plus jeune et c’est en partie ce qui t’as poussé à apprécier le combat. Parce que oui, tu adores te battre. Donner les coups, les encaisser – parce que parfois ta particularité se fait la malle – c’est terriblement thérapeutique. Tu vis mal la privation – encore un contre choc de la boucle de 1941 – et tu as tendance à t’infiltrer chez les gens de 2016. À piquer ce qui te fait envie : vêtements, nourritures, gadgets divers. Le dernier truc que tu as ramené ? Une peluche de hibou, qui ressemble vaguement à un Harfang des Neiges – mais t’es pas trop certain – que tu as offert à Miss Scandiacus. (Bah quoi, la lèche ce n’est pas interdit !) Tu aimes bien bouffer des bonbons à la pêche pour contrer la mauvaise haleine du tabac. Pourquoi la pêche ? Et pourquoi pas ? Tu traines ton téléphone partout avec toi, comme un grigri. Il te rappelle que tu es bel et bien en 2016 et plus dans le passé. Et puis, tu l’as bourré de musique. En fait, tu pourrais assurément te contenter d’un ipod, mais pourquoi faire hein. Un jour, ça pourrait être utile. Ou pas. Tu es hyperactif, donc tu bouges constamment. Même quand tu parles, tu le fais avec tout ton corps, tes mains en arabesque dans les airs, tes sourcils haussés ou froncés. Et quand tu dois rester dans une pièce, tu es un peu comme un lion en cage, tu tournes en rond. Tu es un oiseau de nuit. Le matin, tu préfères dormir. La nuit, c’est plus pratique pour faire des conneries et l’après-midi, en semaine, c’est parfait pour les délits. He he he… Tu as le vertige, un truc de fou. Et avec ta particularité, ça te rend un peu – beaucoup en fait, genre VRAIMENT BEAUCOUP – des endroits à étages. Disons que tu évites de trainer sur les deuxièmes et troisièmes étages, le quatrième, tu ne veux pas en entendre parler. En fait, rien que de monter sur une chaise, tu sens ton cœur accélérer. Tu es comme certaine cigarette, tu n’as pas de filtre. De fait, tu dis pas mal tout ce qui te passe par la tête, ce que tu penses, ce que tu veux aussi. Ce n’est pas comme si tu cherchais réellement à être apprécié, tu assumes pleinement d’être à 88% un enfoiré. Ton moto ? « Concentre-toi sur le 12% restant, poupette. » Jusqu’ici, ça fonctionne plutôt bien. Que tu dis. Tu n’as jamais été très à l’aise dans les grands groupes, tu peines encore aujourd’hui, à faire confiance aux autres. Dès que le groupe où tu te trouves dépasse le nombre de 6, tu as tendance à disparaitre – et pas qu’avec ta particularité. Les petits comités privés, c’est plus confortable et dans les fêtes, tu es plutôt tendu. Il y a trop de stimuli, trop de facteurs prêts à te déconcentrer. T’es un peu exhibitionniste, mais tu le vis bien. La faute à ta particularité, qui n’a pas cru bon de rattacher tes vêtements à ton corps lors de tes traversés de murs ou plancher. Alors, être à poil, ça n’a plus grand-chose de gênant pour toi. Mais ça fait mauvaise première impression, c’est con. Tu bouffes des aspirines en même temps que tes bonbons à la pêche, parce que tu as constamment mal à la tête. La faute à ta particularité. De fait, tu n’es pas trop « agréable » à côtoyer en fin de journée, ta tête tambourinant.
Mentalité
Le moins que l’on puisse dire, c’est que tu es SÛR DE TOI, en fait tu doutes très rarement de ta personne ou de tes gestes, et quand c’est le cas, tu parviens presque toujours à te convaincre que quelque part, tu avais assurément raison. Tu es terriblement doué pour te trouver des excuses, toujours. La faute à ton côté FIER, pour ne pas dire TROP fier. Avoir tort, c’est pour les faibles ! Or, toi tu es un CONQUÉRANT, tu n’as pas le temps de douter et quand tu tombes, ce n’est jamais que la faute à ta particularité. Rien de plus. Du reste, tu carbures aux émotions fortes, tu supportes difficilement la monotonie, les routines c’est chiant. Tu as besoin de nouveauté et alors, tu te fais JOUEUR et TÉMÉRAIRE, parce qu’il n’y a rien de trop difficile pour toi – sauf pour ton vertige, évidemment. Mais tant que tu restes sur le plancher des vaches, tu peux tout tenter. En fait, tu peux même te montrer terriblement COMPÉTITIF et entrainer les autre dans ton sillage. Mais gare à ceux osant ou voulant te suivre, parce que tu es non seulement IMPRUDENT, mais aussi un horrible MAUVAIS PERDANT. Te faire mal ne t’inquiète pas outre mesure et malheureusement, tu ne t’intéresse pas toujours suffisamment aux autres, probablement parce que tu es trop INDIVIDUALISTE. Cela dit, tu le vis plutôt bien, seule une poignée de gens méritant ton attention ou tes inquiétudes.

D’ailleurs, tout le monde te sait IMPATIENT et souvent IRRITABLE, pour ne pas dire AGRESSIF. Disons que si tu te permets de faire suer les autres, d’être un véritable CASSE-PIED, tu supportes plutôt mal la pareille chez les autres. Tu n’as rien à foutre des conneries des autres, sauf si c’est marrant – et ça, il faut le deviner. Bien entendu, tu ne te gênes absolument pas à dire tout haut ce que tu penses, assurément trop FRANC. On ne te fait pas chier bien longtemps, merci à ton côté IMPULSIF qui te pousse à lancer le premier coup, parce qu’évidemment, la baston c’est l’une de tes passions. Après tout, tu ne tiens pas en place et si tu es quelqu’un de très ÉNERGIQUE, tu es aussi HYPERACTIF, ce qui est difficile à oublier quand on te voit grouiller en permanence. T’assoir ? Bouarf, c’est un peu chiant aussi ! Tu aimes bien les gens aussi, mais en petit comité. SOCIAL, oui, mais à dose fixe et selon tes propres termes. Tu blâmes là ton petit côté ANGOISSÉ, la faute à ta vie d’avant, celle avec des parents n’en ayant rien à carrer de toi, mais aussi dans ta première boucle. Il t’arrive aussi d’avoir, de temps à autre, des crises de panique. Ça, par exemple, tu ne t’en vante pas. Chacun son jardin secret !

Finalement, ce qu’il faut retenir, c’est que même si tu es type plutôt SYMPATHIQUE à côtoyer, pour peu que tu aies envie de rire AVEC et pas DES autres, tu n’en es pas moins INSTABLE avec la plupart des gens. La faute à ta méfiance envers les autres, tu ne cèdes pas ta confiance aisément, ni ton amitié. Tu peux être un véritable CONNARD, balançant des saletés sans t’en inquiéter. Cela dit, tu assume pleinement être SANS SCRUPULE et joint au fait que tu es plutôt MALIN comme type, c’est parfois létal. Pour l’amitié. Pour l’amour. Pour tout. Heureusement, pour toi, tu es un grand AUTONOME et normalement, tu sais te suffire. Malheureusement pour les autres, tu es TENACE et de fait, si tu n’as pas envie de te suffire, ils sont mal barrés. Chacun sa croix à porter.

- Qui se cache derrière ce merveilleux personnage -

Je m'appelle Stephy / Bat'Phanie, j'ai 29 ans, je suis batman 5j/7 (oui, même les super héros prennent des pauses !) et je viens de cet endroit où à -10 on dit qu'il fait chaud. Vive le Québec. :mdr:  J'ai trouvé le forum via bazzart et je le trouve terriblement intéressant, pour ne pas dire fantastique ! Pour finir, je dirai : nanananana.  :slip:

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Stephy
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MessageSujet: Re: Cameron [SOTG]   Jeu 23 Mar - 17:04

words like sparks

- a fiery inferno. an organ set ablaze. unimaginably hot and wildly
untamable, fervently consuming all it is fed; the good and the bad. -

PART I // Once upon a time, fuck you, the end.
Avant Ghost, avant que tes mains ne traversent les murs ou les planchers, avant que tu puisses te faufiler chez qui que ce soit sans un son – ou un vêtement, pour ceux que ça intéresse – il y avait Cameron. Cam, pour les intimes. Un petit garçon déjà trop enthousiaste. Un peu négligé, parfois même oublié. La faute à la vie moderne, qui exige et qui essouffle. Parce que le temps, c’est de l’argent. Parce que le temps, il est mesurable. Parce que le temps, il n’est pas bien méchant, mais il n’est pas non plus très clément. Ni patient. Le temps est et les hommes n’ont qu’à se plier à ses exigences. Or, c’est pile ce que ton père a toujours fait, filant travailler, rentrant pour se plaindre, s’enfoncer dans son canapé et te demander d’aller jouer dehors. Bon, il est tout de même vrai que même avant d’être Ghost, tu déplaçais pas mal d’air. Hyperactif, l’étiquette t’as suivis toute ta vie, dans celle d’avant, dans celle d’après. Évidemment, il y a une bonne dose d’ironie dans le fait que c’est cette pulsion perpétuelle de bouger, de grouiller même, qui est l’une des constantes de ta vie. Une stabilité. Tu étais, tu es et tu seras à jamais, celui qui ne tient pas en place. Celui qui parle en marchant. Celui qui fait des grands gestes avec ses mains. Déjà avant tes 14 ans, tu ne faisais pas que sourire, tu sautillais, tu poussais des cris, tu battais des bras. Ça n’a pas changé. Aussi, c’est dehors que tu as passé ta jeunesse. Dans les ruelles des jolies maisons huppées de Londres. Gamin oublié jusqu’à ce que l’heure du repas sonne, que l’employée de la maison t’appelle, un sourire en coin. Tu n’as pas réellement été le fils de tes parents, trop bruyant, trop vivant. Ils souhaitaient une statue, tu l’as compris très jeune. Un enfant que l’on met dans un coin, qui souris sur demande, qui n’émet pas un bruit et qui se retire dès que les adultes doivent travailler – ou même, se détendre.

En réalité, sauf pour Jane, ta nourrice et l’employée de maison, tu n’as jamais réellement été à ta place dans la belle grande maison des Pace. Le nom ne t’allant pas assez bien. Paix. Un mot t’échappant, un état impossible à atteindre. Tu n’as jamais connu que la liberté – conditionnelle, évidemment. Parce que tout c’est toujours moyenné chez toi : les notes – la médiocrité étant toujours punis – les devoirs – à faire avant l’heure du repas, sous peine de ne manger que les restes glisser en douce par Jane – et puis le taekwondo – hors de question de rater une seule session, tes parents étant persuadé que sans ça, tu finirais par exploser. Et avec tout ça, une chambre pour prison, dès le premier coup de vingt heure – couvre-feu suggéré par Jane, parfois la pire des traîtresses. Avant Ghost, tu avais une vie normale – ou presque – mais pas plus heureuse. Tu n’étais, tout compte fait, que Cameron Pace. Le gamin trop turbulent. Celui qui dérange. Celui qu’on chasse à l’extérieur, tout en priant pour qu’il n’aille pas faire trop de bêtise. Celui devant lequel on soupire constamment, avant de l’envoyer se changer. Celui – il t’arrive encore de le croire – qu’on regrette. Pas par sa disparition, mais par son existence. Celui dont les parents ont dû être soulagés de ne jamais le voir rentrer.

PART II // Sometimes suffering is just suffering. It doesn’t make you stronger. It doesn’t build character. It only hurts.
C’est vers tes 14 ans que Ghost a commencé à se faire connaitre. Remplaçant Cameron ici et là. Le temps de traverser un mur – et d’accessoirement te foutre une honte pas possible, en te laissant à poil chez ta voisine – ou bien d’enfoncer ta jambe jusqu’au genou, dans l’escalier. Tu t’es mis à changer, à ne plus être entièrement toi-même. Oh, les premières fois que ta main à traverser le mur, tu n’osais pas croire ta chance et ne parlons pas même de ta première bataille de ruelle – on fait difficilement plus amusant et grisant que ce type, tentant en vain de te cogner et se contentant de partir avec ton t-shirt. Oui, au départ c’était excitant. Tu t’es sentis puissant, presque immortel. Intangible aurait été un meilleur mot, mais à cet âge, on ne retient pas les détails. On ne parle pas comme ça. Tu n’as vu que ce qui te pendait au nez : un pouvoir. Alors tu as bêtement profité, traversant les murs, reluquant la fille de ta voisine, esquivant tous les coups des rivaux du coin. Puis tu as attendu, parce qu’avec un pouvoir pareille, il te semblait évident que quelqu’un viendrait. Sauf que non. Pas de Professeur X, pas de Magneto, pas même un agent du shield – oui, bon tu aimes toutes les BDs merci – et encore moins un Hagrid. On ne sait jamais, peut-être que tout ça, ce n’était que le soudain développement de tes pouvoirs magiques. Sauf que non, tu n’es pas Harry. Ni rien. Personne. Alors tu t’es mis à angoisser, les chutes du premier devenant monnaie courante. Une jambe, puis un bras et tu as découvert que tu pouvais te briser pas mal d’os. Trop. Tu t’es aussi mis à avoir peur, de toucher quoi que ce soit, que l’objet fusionne avec toi. La nouveauté s’en est donc allé, ne te laissant plus que la crainte. De disparaitre pour toujours ? De ne plus avoir aucune prise sur ce qui t’entoure ? Quand même les quatre murs de ta chambre, son plancher surtout, ne sait plus te retenir… il y a de quoi s’inquiéter.

Toi, l’enfant oublié, l’enfant dont on a cessé de regarder les notes – déscolarisé, quand bien même tes parents ont préféré croire tes mensonges au sujet de cours par correspondance, la rue étant ta seule école, Jane ton semblant de figure parentale – tu t’es retrouvé sous le projecteur. Pas par choix, pas cette fois. Brisé une fenêtre, entrer par infraction chez le cinquième voisin de gauche ou envoyer un camarade de classe à l’infirmerie, ça ce sont des gestes qui cherche l’attention. Juste un peu, ne serait-ce que pour se faire gronder. Un petit instant, le temps d’exister. D’être à nouveau le fils. Chuter du premier, alors que tu étais allongé dans ton lit, ça n’a rien à voir. Et quand ils ont vu, tes mains passer à travers les objets, ton corps disparaitre dans le mur, tes vêtements abandonnés au sol, ils ont finis par comprendre. Par avoir peur. Mais force est de constater que tes parents ne peuvent rien pour toi, qu’ils sont tout aussi paumés. Effrayés, même. C’est pire encore. C’est l’enfer qui se révèle. On t’interdit la rue, on t’enferme, mais c’est sans compter sur ce que tu deviens. Ta chambre au premier ne suffit pas à te retenir, ton absence de vêtement en émergeant des murs de la maison, non plus. Ils essaient de t’étouffer, peut-être de te tuer, toi le gamin ayant besoin d’air frais pour vivre. L’extérieur pour terrain de jeu. Le monde entier pour limite. Ils ne comprennent pas, mais ils ne l’ont jamais fait, ça n’a donc rien d’étonnant. Les médecins tentent leur chance et si au départ, face à la peur de ces deux étrangers qui partagent ton ADN, tu te plies aux examens, bien vite tu réalises que c’est peine perdue. Tu es une anomalie. Leurs yeux commencent à briller d’autre chose et tes bandes dessinées pour seules sources d’informations, tu commences à craindre le pire. Et si le gouvernement venait pour toi ? Et si on faisait de toi un rat de laboratoire ? Ce serait tout de même pratique d’avoir des soldats capables de se rendre intangible, n’est-ce pas ? L’école ne t’a jamais intéressé, mais tu n’es pas con pour autant. Alors tu manques d’air, les crises de panique commencent, ton hyperactivité ne faisant qu’augmenter ton état. Et tu fuis. Loin de cette prison, ta nouvelle chambre n’ayant pas le confort de l’ancienne, celle au premier. Loin des médecins, des examens, des regards pétillant de curiosité, d’avidité. Et si on te retrouve, tu parviens toujours à t’échapper. Encore et encore. Jusqu’à ce qu’elle t’attrape. La gardienne du temps, l’une des Ymbrynes de la boucle de Londres. Sauveuse et geôlier, pour te mettre hors de danger, dans un nouvel enfer. Dante avait tort, il n’y a pas que neuf cercles, il en a dix et la boucle de Londres s’y trouve.

PART III // Act my age? What the fuck is that, “act my age”? What do I care how old I am? The Ocean is old as fuck, it will still drown your ass with vigor.
Allongé dans ton lit, tu fronces les sourcils et cherche à tâtons une cigarette. Il te faut ta maitresse, la nicotine, parce que le réveil matin affiche deux heures du matin déjà. Le sommeil vient de t’éjecter. De te rejeter. L’histoire de ta vie. Ton cœur tambourine trop fort entre tes côtes, la panique n’est pas loin. En fait, elle te guette, là au pied de ton lit, de ses yeux mesquins. Avoir peur ou pas ? La fine pellicule de sueur te recouvrant le haut du corps lui donne raison et elle t’expose ses dents. Fière. Mais pas pour longtemps, le briquet illumine la chambre. Le lit étrange qu’on t’a installé à même le sol, celui qu’on a enfoncé un peu, cimenté sous la base. Tu dors pratiquement au sol, dans un trou, mais c’est mieux ainsi. C’est une protection, un rappel de ce que tu es, de cette main qui peine à tenir le briquet, qui chute justement sur le matelas sous toi, celui à travers duquel ton corps disparait justement. Ici, il n’y a pas de danger de chute. La panique recule un peu, déçue et tu tires longuement sur la cigarette, ne quittant pas ton ennemie du regard. Dans ses yeux, tu vois défiler un amas de porte. Un infini de portail, menant de pièce en pièce, de maison en maison. La boucle de Londres, ton enfer personnel. Celui qui te hante. Le dixième cercle de Dante et pas les Champs Élysées qu’on t’a vendu. Tes doigts tremblent doucement et la cigarette menace de s’écrouler – ce n’est pas le moment de remettre le feu à ton lit, ça fait déjà deux fois depuis ton arrivée, alors tu t’efforces de te concentrer sur tes doigts, de les rendre solides comme le roc. Légèrement apaisé, tu t’acharnes alors à repousser les souvenirs du cauchemar, d’oublier les portes qui s’ouvrent continuellement. Perpétuellement. Tu cherches à te rattacher à mieux. Et Romy s’impose à ton esprit. Son sourire de petit garçon, l’excitation de son visage quand tu lui suggérais de venir jouer à l’extérieur. Vos courses folles à travers le quartier – ça t’arrache un sourire en coin, un battement de paupière, la nicotine fait son effet – et les reproches des Ymbrynes, pleuvant continuellement sur toi. Un peu comme la pluie froide de quatorze heures. Tu peux presque la sentir couler sur ton visage, en goûter le parfum légèrement terreux et tu remues dans ton lit. Inconfortable. Non, tu repenses à Romy. Perdu quelque part au-delà de ta chambre, ne dormant probablement pas – si peu, en réalité. Autrefois, tu l’aurais rejoint, te serais imposé à lui. Comme par le passé. Quand tu ne pouvais plus supporter d’entendre les raids, le son distant des avions, le murmure que formaient les gens au loin. Des cris épars. Mais n’est-ce pas dans ta tête ? Tu n’as jamais su. La seule chose que tu sais, c’est que Romy ne veut plus de toi. Aussi, tu t’enfonces dans ton lit, une main glissant au-dessus de tes yeux. À peine tangible. Tremblante.

La boucle de Londres devait être ton refuge, l’Ymbryne te l’avait promis. Et peut-être que, quelque part oui, elle n’a pas mentit. Pourtant, dès ton arrivée, tu t’es sentit floué. Trahis. Parce qu’un endroit tel que celui-ci, aussi terne, aussi abimé, ne peut décidément pas être un refuge. Tu es pourtant resté, un temps, faute de choix. Faute de mieux. Un peu comme tout le reste de ton existence. Errant à travers le quartier des portes, la peur au ventre, le doute dans l’esprit et le corps vaguement réel. Toi, tu n’as jamais eu besoin des portes – à moins de vouloir rester habiller et tu es quand même un chouia exhibitionniste, pourquoi mentir hein – et celles-ci devinrent rapidement source d’angoisse. Magique. Anormale. Comme toi, mais ne t’apaisant pas pour autant. En fait, ce qui aurait dû être ton havre de paix, ta « maison » ne s’est avéré qu’être une autre sorte de prison. L’extérieur n’étant pas assez sûr – et si des soldats te faisaient prisonniers ? Et si des humains tentaient de te faire du mal, en te prenant pour l’ennemi ? Et si on voulait te prendre tes vêtements ? – pour y passer la plupart de tes journées, tu t’es rapidement mis à étouffer à l’intérieur. De l’intérieur. Alors tu es redevenu le mauvais garçon – le titre de ta vie. À fuir. À te faire ensuite gronder. Punir, même. Pas tout de suite, pas lors des deux premières années – elles s’acharnaient à dire que tu t’adapterais, que cela viendrait. Ça n’est jamais venu. Jamais réellement. On c’est bien moqué de toi, de tes rebellions stupides, de tes punitions – toutes aussi stupides, oui – et de ta méfiance perpétuelle pour les autres. Tu n’as voulu d’ami avant au moins deux ans, à être seul, à faire ce qui te chantait, y compris te mettre en danger. Éternellement punis, grand garçon enfoncé dans un enfer passé. Qui peut vouloir vivre à jamais dans un endroit où la guerre enfonce les dents ? Pas toi. Tu t’es échappé à quelques reprises, mais on t’a toujours retrouvé. On te guettait, pauvre Cameron. Et ce satané quartier, cette foutu maison sans fond, sans fin, devint un labyrinthe dans ton esprit. En écorchant l’intérieur de ta tête, te rendant plus impulsif, plus frondeur. Parfois même, dangereux. Jusqu’à Romy. Aussi instable que toi, toujours à remuer, à parler, à tout répéter. Ton premier véritable ami. Allié. Une couverture aussi, pour une véritable fugue.

Ta main écarte tes cheveux de ton front avec agacement, tire doucement sur les racines et tu fronces plus fort les sourcils. Du regret dans le ventre. Des remords dans la gorge. Si tu as bel et bien fait de Romy ton ami avec intentions n’ayant rien de noble – les gens ne sont pas des objets à utiliser, tu le sais bien – il était déjà bien plus que cela, quand tu t’es décidé à mettre en place ton plan. Votre fugue. Venant d’un passé récent, tout comme toi, tu as bêtement cru qu’il n’y aurait aucun danger à ce que vous partiez. Que le temps vous rattrape. Pourquoi pas hein ? Seulement six ans – mais c’est si long, six ans, quand on vit dans un cauchemar, quand on ne sait pas en sortir plus de quelques instants – c’étaient écoulés depuis ton arrivée. Neuf pour lui. Tu l’as vérifié, encore et encore. Prétextant d’abord être curieux au sujet de ton ami. Puis pour te rassurer. Tu t’en serais bien trop voulu, de lui faire du mal – et pourtant, ta main relâche tes cheveux et tu laisses les filets de fumée s’envoler en direction du plafond, déjà jaunis – tu lui en as fait. Trop. Tu ne croyais pas qu’il le vivrait aussi mal. Tu ne voulais pas l’utiliser, pas après la première année à lui parler. Pas après toutes ses nuits passées ensemble, Romy éclairant joyeusement sa chambre, ton corps installé près du sien. Presque des frères. Si la lumière l’empêchait de dormir, toi c’était ton esprit. Cette angoisse de portes infinies. La maison n’ayant qu’une véritable issu dans ton esprit. Une prison. Tu as réellement cru lui rendre service en l’entrainant à l’extérieur, lui l’enfant moderne, comme toi. Un peu de cendre tombe sur ton bras et tu remues à peine le bras, ne faisant plus attention à ce genre de brûlure – elles ne laissent jamais de marque, pas ici.

Tu te rappelles encore de son expression quand il s’est réveillé, en 2016, calé près de toi. Comme le frère qu’il avait toujours été. Ton meilleur ami. Ton protégé. Ta bouée. On aurait pu jurer qu’il était toi, lors de ton arrivée en 1941 : tant d’effroi sur son visage. Trop âgé. Trop charmant. Assez pour te creuser le ventre. T’inquiéter. Où est passé Romy ? Ici. Là. Puis la peur, la panique à céder le pas à l’accusation. Contre toi, personne d’autre. Une honte que tu portes encore en toi, celle qui te fait écraser ton mégot avec plus de force que nécessaire, là dans le cendrier posé près de ton « lit », celui sur lequel tu redeviens toi. Un poids sur le matelas, qui couine un peu. Dix-neuf ans, ce n’est pourtant pas si terrible. Ne lui as-tu pas rendu service ? Être coincé dans le corps d’un gamin de dix ans, est-ce réellement une vie ? Ne profite-t-il pas davantage de la vie maintenant ? Seulement, toutes les excuses du monde ne peuvent pas t’aider à alléger ta culpabilité. Tu abandonnes donc ton lit, attrapant ton téléphone et tes écouteurs. Si tes poumons noirs de nicotine ne te permettent pas d’aller jogger longtemps, ils suffiront à te pousser plus loin. Pour fumer en paix. Pour oublier la maison sans fond. Pour oublier la haine qui vrille dorénavant les iris de Romy. Et une fois les jambes en feu, les mains posées sur tes cuisses, haletant dans la nuit fraiche, tu fais le vide. Tu abandonnes la musique et écoute plutôt le chant de la mer. Tu as perdu un frère, Cameron. T’es encore un sale con, un enfoiré, mais tu parviens encore à te rassurer : si ce que tu as fait vous a mené ici, à cet endroit, loin de la guerre, loin de cette maison des horreurs… alors tu as eu raison. Un jour, peut-être oui, Romy le comprendra.
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Cameron [SOTG]

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