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 Mad for the March Hare [Wyborne&Max]

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Stephy
charming anti-PRINCE
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Date d'inscription : 30/05/2007

MessageSujet: Mad for the March Hare [Wyborne&Max]   Jeu 25 Nov - 8:56

Wyborne
    Il faisait chaud, très chaud et ça, c’était plutôt agaçant en soi. Le commun des mortels n’avaient aucune espèce d’envie de sortir dehors et franchement, c’était compréhensible. La seule destination qui faisait du sens par une canicule pareille, c’était la piscine. Bien entendue, ce n’était pas là que lui se dirigeait. Mais lui, il n’allait jamais dans le même sens que les autres, enfin pas souvent plutôt, parce que ça lui arrivait de temps à autre de faire la file hein. Il n’était pas excentrique au point de souhaiter être dans la marge à ce point, franchement. Vêtue de l’un de ses éternels pantalons noirs, son manteau long légendaire sur les épaules, il n’avait rien enfilé dessous et on le comprenait. D’ailleurs, au rythme de ses pas, les regards se tournaient vers lui. On le jugeait, sois parce qu’il était courageux de porter autant de vêtement avec ce temps, sois parce qu’il devait être fou. Disons que le grain dans sa tête à lui, il devait plutôt tenir de la boule de quille oui et ça, tous étaient d’accord pour se l’affirmer en ce moment. On le reconnaissait ici, là on se demandait comment on ne pouvait pas le connaître et lui, il avançait, ignorant tout de cette attention. Ça ne l’intéressait pas et puis son sens de l’observation à lui, il n’allait pas bien du tout. Pour ne pas dire qu’il n’existait pas.

    Bientôt il arriva à son point d’arrivé et là, il se permit un petit sourire alors qu’il redressait la tête. Sa quête tirait à sa fin, enfin! L’air content, bien qu’il soit en train de se déshydrater sérieusement en ce moment, il passa le seuil, la clochette tintant alors qu’une jeune femme se tournait vers lui. Jolie, pas époustouflante mais pas mal du tout. Son sourire baissa d’un cran mais il n’osa pas l’effacer. Un coup d’œil sur la plaquette attaché à son haut sans manche, parce qu’elle avait aussi chaud la pauvre, et il redressait le visage, un air plus amical au visage. Bon, pas encore quelque chose de très rassurant mais c’était le mieux qu’il puisse offrir par une chaleur pareille.

    « Bonjour… Cherry! Bel après midi n’est-ce pas? Un peu chaud mais que pouvons nous y faire. J’aimerais beaucoup rencontrer le patron. Oh! Pas la peine de vous déranger, nous sommes de vieux amis, nous n’avions simplement pas le… temps de nous voir depuis quelques années. Je me suis enfin trouvé un peu de temps libre, c’était terriblement difficile en fait.

    Le mot temps avait eu du mal à sortir, il avait même grimacé. Quel mot détestable, puisqu’il désignait un être tout aussi exécrable. Sauf que la pauvre jeune femme ne pouvait pas en placer une et qu’il n’y avait que Wyborne, qui puisse parler. Soupirant, véritablement accablé par sa situation, sois d’être dans l’incapacité de voir son si bon Max, il secoua doucement la tête. Le problème de la jeune fille prenait de plus en plus d’ampleur, l’homme étant en train de la convaincre qu’il avait raison mais qui ne l’aurait pas fait. Il parlait avec tellement de franchise et puis il y avait une pureté derrière ses paroles, quelque chose de véritable, on ne pouvait pas lui lancer qu’il mentait, qu’il jouait avec les autres. On ne pouvait que confirmer ce qu’il disait, n’est-ce pas? Oui, la plupart des gens étaient comme ça. Là il soupira et se tourna de nouveau vers la jolie cerise qui le regardait avec sympathie, plus tellement incertaine de son honnêteté. Il était vraiment un ami du patron, non? Ça en avait tout l’air.

    « Vous comprenez bien entendue. Aussi, j’aimerais pouvoir aller le saluer. Je sais qu’il ne reçoit personne sans accord mais franchement, pour un ami aussi bon que moi-même je l’ai été, pour lui. Je suis certain que vous serez de mon avis. Une petite surprise ne lui fera pas de mal, en fait, je pense même que ma présence lui ferait grand bien! On sous-estime trop souvent la force de l’amitié!

    Et il pensait vraiment tout ce qu’il disait, tellement que ça en était effrayant pour les autres employés. Mais de là à risquer sa place, de se faire engueuler par le patron? Non, sûrement pas. Sauf que le dit chapelier fou, se fichait aussi de ce fait et qu’il glissait déjà à l’arrière de la boutique, cherchant la porte qui le mènerait auprès de ce cher lièvre. Cherry tenta bien de freiner son cheminement mais honnêtement, vous aviez vraiment cru possible de retenir Wyborne plus de deux minutes? Et encore, il était généreux cet après midi -la chaleur que voulez-vous-. Passant la porte du staff arrière, il sourit à la jeune femme et posa un doigt devant ses lèvres.

    « Ce sera notre petit secret, Cherry ~

    Oui mais non, elle ne voulait pas. Trop tard mon cœur, la porte c’est refermé, je n’entends plus rien. Et il fouillait l’une des grandes poches de son manteau, en ressortant un thermos. Son thé personnel. Une petite gorgée du liquide brûlant et il rangeait le tout à nouveau, détendue et sur de lui. Il se mit à chantonner alors que ses pieds s’arrêtaient devant une autre petite porte. Il y avait combien de pièce ici hein?

    « Kiss me darling, kiss me - kiss me to - night.
    Kiss me darling kiss and you'll - be - al - right.
    Kiss me darling kiss, your kiss is so won - der - ful.


    Il avait fait appel à ce fameux casse-noisette pour lui retrouver le lièvre. Ça avait payé au moins, lui aussi avait payé mais c’était un détail, pour une fois que ce n’était pas des conneries. Parce que venant du casse-noisette, on était jamais tellement sur. Sois on se faisait les dents sur le bon truc, sois on se les cassait sur de belle connerie, oui. Toquant à la porte trois coups, il se racla la gorge. Pas la peine d’être nerveux, le temps non plus, avec lui il c’était brouillé de toute manière. Sifflotant, il attendit que des pas s’approchent de la porte, chose qui ne vint pas. Non finalement, ce fut le bruit étouffé d’une vois derrière lui, qui attira son attention. Se tournant lentement, il se remit à sourire en reconnaissant la voix de la petite cerise de plus tôt. Déjà, il pressait le pas afin de rejoindre son si cher Max, car il était certain que c’était à lui que la jeune femme s’expliquait. Comment aurait-elle pu faire autrement d’ailleurs. Il c’était imposé, pauvre pauvre cerise mais en avait-il seulement le choix. Ce n’était pas la première fois qu’il essayait mais la dernière datait quand même de deux ans, les affaires l’avait tenue bien occupé il fallait croire. Depuis, la boutique avait changé de staff et puis d’emplacement aussi. Mais tout ça, ce n’était plus important, plus du tout, parce qu’il passait déjà la porte qu’il avait emprunté et souriait à ce cher lièvre. Il semblait à la fois effrayé, ennuyé et agacé de le voir non?

    Son visage à lui, parlait de lui-même ; je suis de retour Max, Ah Max! Mais n’avait-il pas l’air de vouloir fuir son petit lapin? Est-ce que son cher acolyte de toujours tenterait de le semer? Battre en retraite? Non, jamais voyons! Mais bien sur que si, il avait comprit! C’est qu’il voulait jouer! Réjouis par sa si délicate attention, il réussit, par un miracle inconnue de tous, à se rapprocher dangereusement de lui, s’interposant entre Cherry et Max.

    « Mon merveilleux Max!

Max
Comme d'habitude, il était arrivé avant tout le monde. Ses employés le savaient, leur patron avait le profil discret. Mais au fond combien s'en souciait ? Du moment qu'ils étaient payés après tout, il pouvait bien faire ce qu'il voulait. Vêtu d'un polo et d'un jean, le jeune homme avait immédiatement cherché le coin le plus au frais de la boutique. Après réflexion, l'isolement dans le studio d'enregistrement lui avait paru une bonne chose. D'une, le bruit ne pouvait pas le déranger. De deux, l'occasion d'avancer tranquillement ses projets se présentait. Passablement content, Marsh s'installa ayant au passage verrouiller la porte. Habitude, habitude. Il avait ce côté persécuté, traqué dont il n'arrivait pas à se débarrasser. À vrai dire, avant qu'il ne le rencontre, il n'avait jamais été comme ça. Au contraire, dans son jeune temps, la confiance était de mise et son esprit le laissait en paix au lieu de chercher l'ombre du mal partout. En attendant, même si les ponts avaient été coupés, il était persuadé que son cher ancien acolyte allait surgir au moment où il s'y attendait le moins. Cependant la paix, qu'il avait connue, avait duré tout de même deux ans. Un peu plus, sans doute. D'une main, il fouilla dans une boite contenant différents disques. Avait-il vraiment envie de travailler ? Se saisissant d'un, un soupir s'échappa et la chaise roula sur le sol. Sur le mur derrière lui, une chaîne avait été installée. Un petit tour sur lui-même et il se trouva face à l'appareil. Le CD fut glissé dans l'emplacement prévu et son index appuya sur le bouton pour lancer la musique. Bientôt, le silence disparut et du nu-jazz envahit la pièce. Maintenant l'heure de la sieste avait sonné. Son corps quitta la chaise pour se diriger vers un canapé. Allongé, il s'endormit rapidement un livret de disque sur les yeux.

Une heure ou deux plus tard, il se réveillait. Le livret tomba à terre alors qu'il se levait. Des mèches blanches tombèrent dans ses yeux. En les écartant, il fronça les sourcils. S'il avait eu les yeux rouges, il aurait eu l'impression d'avoir la myxomatose. Marsh avait voulu récupérer sa véritable couleur mais suite au mauvais coup du coiffeur. Cet idiot s'était planté et au final, il avait fini avec cette teinte neige. Lièvre variable ? Pourquoi pas. En tout cas, il espérait bien reprendre sa robe originale. À un moment ou un autre. Bon, il était temps de se bouger. Un bâillement étouffé, et Marsh ouvrit la porte. Soudain, une voix lui parvint. Son corps se figea paralysé par la peur. Il ne pouvait pas être là. C'était impossible. Pas ici. Quel était le crétin qui l'avait laissé entrer ? Droite ? Gauche ? Oh, il pouvait courir vite mais il ne savait pas où aller. Etait-il encore sous influence ? Depuis le temps, non. Il ne le concevait pas. Ses jambes finirent par s'animer. Un demi-tour et il se mit à marcher dans le sens opposé. Courage. Fuyons. Bien sur, il aurait pu y aller au frontal. Mais pas aujourd'hui. Il n'avait pas envie de faire imploser ses cordes vocales et que tout le monde l'entende s'époumoner. Une erreur de jugement et il se retourna. Entre lui et Wyborne, la jeune femme s'était intercalée. Il eut un coup d'oeil perplexe. Franchement, si elle avait voulu être utile, elle n'aurait pas du le laisser venir jusqu'ici. Ses bafouillages au sujet de l'arrivant comme son ami montrait qu'elle avait palpé l'hostilité du plus jeune des hommes

« - Laissez-nous. »

Le s'il vous plait et le mademoiselle étaient en option comme pour les ¾ du temps. De toute façon, elle venait de faire une belle connerie et au passage lui plomber sa journée. Ça méritait de se renseigner. Penchant la tête, il regarda la plaque avec le prénom. Cherry hein ? Elle allait entendre parler du pays celle-là. Qui est-ce qui lui avait fichu une telle greluche ? Le ton sec avait suffi à la faire partir, un sourire désolé accroché aux lèvres. Ce qui ne fit ni chaud ni froid à son employeur. Dès qu'elle eut disparu, Marsh croisa les bras. Ses yeux se plissèrent alors qu'il fixait le Chapelier. Il se faisait violence pour ne pas lui hurler tout un tas de noms d'oiseaux. Il n'y avait plus qu'eux et le jeune homme se demanda si sa voix risquait de résonner. Suffisamment pour être entendue par ses salariés. Ces derniers n'étaient plus à une vocifération près. Soit c'était le calme, soit la tempête. Généralement, ils préféraient le calme étant donné que le reste n'annonçait rien de bon. Son cerveau se tordait dans tous les sens pour trouver une façon -à peu près- élégante de dire à son cher visiteur, qu'il était définitivement indésirable.

« - Casse-toi et si possible, disparais encore quelques années. »

Salut, ça va ? Je vais bien, merci et toi ? Tutut, il n'avait pas l'intention de faire la causette. Mais il était fier de lui, il avait été poli. Max soupira. Max pas Marsh. Depuis qu'il avait eu cet étrange rêve, il avait décidé de changer de prénom. De tout. Comme pour conjurer le mauvais sort. Malheureusement, ça n'avait pas du fonctionner. La preuve. Sa vie n'avait plus jamais été la même depuis que leurs chemins s'étaient croisés. Il le détestait. Non le haïssait. S'il ne l'avait jamais rencontré, il n'aurait jamais eu aussi mal. Il ne l'aurait jamais perdue. Elle. Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Alors était-il parti trop tôt ? Trop tard ? Où était l'erreur ? Pourquoi ? Inconsciemment, son corps recula. Toute fuite était vaine et cette pensée le secouait. Au final, tout se déroulait selon ses règles. Il n'était qu'un pion entre ses mains, comme elle. Ses yeux se fermèrent. Sa tête se baissa. La lassitude s'emparait un instant de lui. Même s'il criait, sa voix mourrait dans le vide. Brusquement comme s'il reprenait conscience, il leva la tête. D'un geste vif, sa main se saisit du haut de Wyborne. Ses yeux se plantèrent dans les siens. Une voix dure s'éleva. Froide.

« - Ami, hein ? Ce temps est mort. »

Mort, mort. Il fallait que ce mot résonne et puis comment osait-il utiliser cette notion d'amitié ? Elle dormait six pieds sous terre. Tout comme lui. Tout comme elle. Tout comme nous. Ses doigts relâchèrent le tissu. Il avait fait exprès d'utiliser ce terme presque tabou. Provocation ? Evidemment. C'était sa façon de lui faire mal. Lui faire payer sa culpabilité. Pourtant il avait conscience que celui qu'il avait considéré comme son mentor à un moment, ne ressentait pas ça. Son geste était normal à ses yeux. Marsh ne comprenait pas le raisonnement et peut-être au fond, ne voulait tout simplement pas le comprendre. Est-ce qu'un ami décidait de voler la vie d'une personne qui vous était précieuse ? Comme d'habitude, le jeune homme ratait sa cible et se faisait un peu plus de mal. Est-ce que Wyborne était satisfait ? Travailler. Voilà ce qu'il devait faire. Se noyer sous les décibels, ne penser qu'à ça. Se tournant, il se mit en marche. La porte, il devait trouver la porte. Il s'engouffrerait dans une pièce et n'en ressortirait qu'à son départ. Sa main prit appui sur le mur. Est-ce que Wyborne le suivait ? Il n'osait pas s'arrêter pour se retourner. Sa marche le mena jusqu'à la réserve. Des cartons s'entassaient ici et là. Dessus, des dates de réception avaient été écrites au feutre noir. Sur des étagères, toutes sortes de disques étaient alignés méticuleusement. Pas de poussière. Il fallait juste l'éloigner des cds. On ne savait jamais. Les derniers arrivages étaient déjà dans les bacs et quelques boites se trouvaient donc vides. Sur les murs, des énormes posters étaient visibles. Le personnel ne trainait dans le coin qu'en cas de réassort ou pour compter les stocks. Ses jambes s'arrêtèrent et d'une voix lointaine, Max lança.

« - Pourquoi ? »

Besoin de savoir. Cet insoutenable besoin. Laisse-moi. Pars. Disparais. L'image s'effaçait mais elle finissait par réapparaître à un moment. Et s'il fermait les yeux ? S'il les ouvrait, peut-être que le chapelier ne serait plus là. Oui, il devait rêver. Cauchemarder. Une nouvelle fois. Encore et encore.
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MessageSujet: Re: Mad for the March Hare [Wyborne&Max]   Jeu 25 Nov - 8:58

Wyborne
    Pauvre, pauvre cerise. En fait, elle n’avait pas eu de chance aujourd’hui et si Wyborne se fichait royalement de son sort, il était pourtant convaincu que la jeune femme venait de perdre son boulot. Triste sort mais il faut savoir se sacrifier dans la vie, enfin pas lui, les autres bien sûr mais il appréciait tout de même le geste et la jeune femme fut donc gratifié d’un minuscule sourire. Aller, au revoir et merci hein! Pas de mot pour elle, pas même un regard de plus de cinq secondes, il n’en avait plus rien à faire. Elle aurait pu être morte, foudroyée sur le champ, qu’il ne l’aurait pas davantage regardé. Il était là, debout devant lui, en chair et en os. C’était presque trop beau pour être vrai, non en fait ce l’était et il le fixait intensément. S’il avait pu, le chapelier aurait aspiré son image, sa vie, son essence et l’aurait enfoui au fond de lui. C’est qu’il était toujours terriblement égoïste après tout. Ses yeux n’avaient de cesse de le détailler, de relever chacun des détails qui faisait de Max, Max. Mais était-ce vraiment Max? N’y avait-il pas eu un autre prénom? Un autre M? Non, bien sur que non, il délirait! Il avait du exagéré sur la dose mise dans son thé, c’était à revoir. Ou pas.

    Dans tous les cas, sa cicatrice ne lui avait jamais semblé aussi charmante, son regard dur aussi doux et que dire de sa mâchoire crispée, elle n’avait jamais été aussi virile non? Était-il aussi heureux de le voir que lui l’était? Mais si, mais si! Il se devait de l’être. Ils avaient été séparés si longtemps. D’ailleurs, Wyborne s’en voulait légèrement pour son absence prolongé, c’est que ce cher lièvre avait du s’ennuyer tout seul. La suite n’avait donc pas d’importance et lorsque la voix de Max s’éleva, directement dirigé sur lui, -oh comble de bonheur!- les mots se déformèrent dans son esprit -malade-. Il ne lui disait pas de partir et de disparaitre quelques années de plus, mais non voyons! Max n’aurait pas osé, il voulait le voir, il voulait lui parler, il voulait être avec lui. Il n’en doutait pas même une seconde et ce qu’il comprit des lèvres mouvantes fut très claire. Approche et ne disparait surtout pas encore quelques années. Un large sourire, un peu moins effrayant qu’à son habitude il faut bien le dire, orna aussitôt ses lèvres. Son esprit malade -si peu voyons- n’avait aucune envie d’entendre raison et en ce moment, son cœur se réjouissait, son pouls accélérant doucement. À moins que ce ne sois à cause des substances glissées dans son thé? Enfin, peu importe, il était content et puis c’est tout ce qui comptait au final.

    « Oh Max, dieu sois loué, j’avais si peur que tu ne m’en veuilles! J’ai été si occupé durant les deux années passées et puis, toi aussi tu avais fort à faire. Nous avons tellement de chose à nous raconter!

    À croire que ce racontait le propriétaire des lieux n’avait pas atteint sa cible. Chez Wyborne c’était quelque chose de normal, de tout naturel même et il continuait donc de sourire, réellement content de le revoir. Sauf que ça ne suffisait pas et que Max en eut assez d’attendre qu’il s’approche -parce que c’est ainsi que le madhatter l’interpréta-. L’agrippant par le col de son manteau, le lièvre l’attira près de lui et le chapelier leva les sourcils sous l’étonnement. Il ne releva pas le geste, plutôt agressif, mais seulement que son thermos fut un peu secoué. Un petit sourire ourla le coin de ses lèvres, parce qu’il l’avait perdu sous l’effet de la surprise, bien entendue. Son précieux thé était en sureté, il n’avait donc aucune raison de se fâcher et puis quand bien même, en face de Max, il avait toujours du mal à laisser libre cour à ce genre d’émotion. Le lièvre était un être spécial, à part, dans son esprit et il ne le considérait pas comme une menace, encore moins comme un être soumis. Lui aussi, à un moment, avait tenté de battre le temps, avec lui et à ses côtés, rien de moins. Si seulement elle n’était pas arrivée, qu’elle ne l’avait pas séduite, ils seraient toujours ensemble. Heureusement, elle avait périt et il était dorénavant temps que les choses reviennent à la normal, qu’il lui soit rendu. Et c’est ce qu’il comptait bien faire. C’était son nouveau but.

    « Oh oh oh, du calme Max, je sais que je t’ai manqué mais mon thermos-

    Il n’eut pas le temps de finir de parler, que Max reprenait la parole, le faisant taire de force. Oh, le chapelier eut bien envie de lui taper sur les doigts et lui rappeler gentiment les règles de politesse, parce que ce pauvre lièvre commençait à perdre la boule hein -ahem- mais la suite le surpris bien trop pour cela. Il osait parler du temps, il alla même jusqu’à le dire mort. Ses yeux bleu s’écarquillèrent puis doucement, la lueur innocente qui y vivait jusque là, laissa place à un doute. Tentait-il de le mettre en colère? Était-ce là sa vengeance pour son absence prolongé? Il savait qu’il lui avait manqué mais pas à ce point tout de même, non? C’était cruel et ses yeux, petite billes impuissante et troublées dorénavant, passèrent d’un œil à l’autre, cherchant la vérité dans le regard glacial de son vieil ami. Le mot était puissant, il avait atteint sa cible mais ça, Max le savait, Max l’avait toujours su. Il le connaissait mieux que quiconque, non? Oui, bien sur que oui! Il n’y avait que lui, il ne pouvait y avoir que lui.

    Finalement relâché, Wyborne fronça doucement les sourcils, cherchant ce qu’il devait dire ou faire. Sa bonne humeur était envolée, ne restait qu’un doute. Et si ce n’était pas Max? Non non! C’était Max, c’était son visage, sa voix, son corps. Il reconnaissait ses mains, sa cicatrice, mais pourquoi osait-il le traiter de la sorte? Avant que le lièvre ne puisse fuir, sa voix arriva à s’échapper de ses lèvres, parcourant sa gorge avant même qu’il ne le réalise.

    « C’est impossible! Il ne peut pas être mort! Je ne me bat pas contre le vide depuis deux ans… impossible…

    Plus troublé qu’il ne le devait, ses paroles sonnaient presque pathétique dans sa bouche. Du thé, il avait besoin de thé et déjà ses mains cherchaient le thermos, presque avec frénésie. Une gorgée, une goutte du précieux liquide et il irait mieux, c’était obligé. Sa main se referma sur le récipient et jetant un rapide coup d’œil à Max, qui battait déjà en retraite, il ouvrit le couvercle de son précieux réceptacle. Aussitôt ouvert, aussitôt pressé à ses lèvres. Tétant avec extase le thé, encore tiède, il ferma les yeux lentement. Il savourait et la scène qu’il jouait, en plein cœur de la boutique, avait quelque chose d’incongrue, de grossier. Un junkie qui se shoot. Et encore, un junkie avait un air plus sympathique que ce pauvre chapelier, complètement dépendant d’un liquide. C’était sa faiblesse, son talon d’Achille et c’est ce qui le rendait pathétique. Pas pour lui mais pour les autres. Le liquide coula sur sa langue, caressa son palet, vint onduler contre sa gorge et chuta avec grâce le long de son œsophage. Là, il soupira avec bien être et ouvrant les yeux, ne voyant pas même les regards posés sur lui, il rangea calmement son thermos. Tapotant la poche intérieur de son manteau, ou il venait de le déposer, il se mit sur les traces de Max. Il ne pouvait pas repartir comme ça, il devait lui parler.

    Il faisait sombre mais l’angoisse ce n’était pas sa tasse de thé -ha ha!-. Il avança sans savoir ou il se rendait et allait entrer dans une petite pièce, qui devait servir de placard à balais -mais hey, on ne sait jamais après tout- lorsqu’il entendit sa voix. Elle ne venait pas du placard et il bifurqua aussitôt vers l’autre pièce, n’hésitant pas à avancer. Les doutes, très peu pour Wyborne, encore plus quand il venait de prendre son précieux nectar. Il se trouvait encore plus courageux qu’à son habitude dorénavant et il se rendit jusque dans la réserve. Il lui tournait le dos, l’air malheureux, l’air troublé, perplexe peut-être. Est-ce que c’était sa faute à lui ou à elle? Wyborne n’avait jamais été doué pour deviner ce qui habitait la tête décoloré du lièvre, avant elle était d’une toute autre couleur il fallait dire. La couleur devait avoir une influence sur leur compatibilité, voilà! Laissant tout ce non-sens de côté, il se gratta le menton tout en faisant un pas dans la pièce. Il avait posé une question, très vague d’ailleurs et il cherchait une réponse, si seulement il en existait une. Plissant les yeux, les petites rides aux coins de ses yeux s’accentuant, il lâcha un petit grognement de réflexion. Il avait prit cette habitude dans la dernière année, c’était agaçant mais il n’y pouvait rien et puis quand il faisait ça, le goût du thé, encore dissimulé au fond de sa gorge, lui revenait. C’est donc avec un esprit songeur mais un corps s’extasiant du goût, qu’il répondit.

    « Parce qu’elle à dit que je l’avais tué mais qu’elle à mentit. Il ne peut donc pas être mort, ne te laisse pas berner Max...

    Il recommençait avec son non-sens mais dans son esprit à lui, c’était la réponse qui avait le plus de logique. Son pourquoi ne pouvait être lié qu’à leur conversation de plus tôt et donc, au sujet du temps. Cet être détestable. Il aurait préféré le voir mort mais il n’en était rien et Max se devait de le savoir! Il ne voulait pas que son ami se fasse des idées, de fausses joies! Quelle grandeur d’âme tout de même, il fallait bien l’avouer! Oubliant complètement qu’il avait été froissé par les paroles du lièvre, il soupira et avança encore d’un pas.

    « Je sais fort bien que mon absence t’a vexé, je sais combien tu t’es attaché à moi mais tu dois savoir que moi aussi, j’ai souffert de notre distance. Ce n’est tout de même pas une raison pour dire des bêtises Max et je ne suis pas venue ici pour entendre des sornettes. Tu devrais le savoir, c’est toi que je suis venue voir.

    Il parlait et il parlait mais il ne pensait pas à mal, non même que ses paroles faisaient énormément de sens pour lui. Max lui manquait, il manquait à Max, il n’y avait pas à chercher. D’accord, il y avait cette histoire de temps et de mort, d’amitié aussi mais il n’allait pas se faire du mal pour des broutilles, il savait qu’il regrettait. Il regrettait toujours, toujours. Et lui aussi mais seulement à moitié. Il n’avait pas fait exprès de lui donner ce thé là, c’est elle qui le lui avait demandé, il l’avait avertit qu’il était puissant, elle avait rit puis tout avalé. Il avait rit aussi, lui aussi, bien qu’il ne sache pas pourquoi. Il riait toujours avec elle, il chantait aussi avec elle, il l’aimait et lui se sentait seul. Alors quand elle était tombé, il avait encore rit, mais pas lui. Les soirées avaient été annulé et il avait commencé à boire son thé seul.

    Souriant, Wyborne avança encore un peu et regarde autour d’eux. Alors c’était à ça que ressemblait une réserve hein? Ne laissant pas une minute à Max pour parler, répondre, l’engueuler ou lui dire combien il lui avait manqué -parce qu’il attendait toujours qu’il le fasse- il inspira un bon coup. L’air n’était pas lourd de poussière et il fut un peu déçu. Max était d’une propreté exemplaire, comme toujours.

    « Tu veux venir déjeuner avec moi?

    Avec lui, il n’y avait rien de plus normal que d’offrir d’aller déjeuner. Après tout, déjeuner sonnait avec thé. Il avait envie de thé, oh oui. Max aussi, surement.

Max
Raconter ? Qu'avaient-ils réellement à se dire ? Etaient-ils capable d'avoir un véritable dialogue ? La réponse était non. Il parlait et Wyborne ne comprenait que ce qu'il voulait, comme il le souhaitait. Cela revenait à écouter une chanson et en déformer les paroles. Comme d'habitude. La rengaine, il la connaissait par coeur. Sauf que depuis sa mort, le jeune homme avait eu l'impression que cela avait empiré. Son thermos, il s'en moquait. Sa visite, il ne la désirait pas. Mais quand les mots sortaient, ils allaient se fracasser contre un mur. Tous deux se trouvaient dans deux mondes bien distincts. Tous deux ne pouvaient plus se comprendre. Lui, il avait fait le deuil de leur belle période. Malheureusement, l'homme n'en avait pas fait de même. Pourtant, des fois, leurs mondes se rejoignaient et une étrange satisfaction l'envahit sous les mots de Wyborne. Impossible, n'est-ce pas ? Alors il l'avait touché et à ce moment-là, un sourire avait glissé sur ses lèvres. Il fallait profiter de ces instants parce qu'ils ne duraient jamais très longtemps. Pour le moment, dans l'obscurité de la réserve, il se sentait calme. En sécurité. Pourtant, il pouvait être vu. De toute façon, il ne cherchait pas à se cacher. Où était-il ? Son lui passé ? Ses hurlements de joie s'étaient emplis de désespoir. La rage, qui l'avait habité durant leur soirée, se retournait contre lui. Néanmoins quand il fermait les yeux, la même musique résonnait dans ses oreilles. Chaque scène vécue se déroulait à nouveau derrière ses paupières. Quand il, empreint de nostalgie, remettait certains disques, l'état de transe n'était jamais loin. Sa disparition lui avait fait prendre qu'il n'était plus rien. Il était devenu son instrument. À elle. Dès lors, il s'était retourné contre son mentor et son maudit thé. Brisant le silence, sa voix résonna. Un mort ne parlait pas et quand bien même, le chapelier avait été la personne à lui offrir cette fichue boisson. Une grossière erreur d'ailleurs. Pourquoi n'avait-il pas pris conscience du danger ? Peut-être parce qu'il lui faisait confiance. Maintenant, cette dernière s'était transformée en cendre. Lentement, son corps se retourna. Sa voix paraissait plus froide. Plus incisive.

« - Tu as raison. Je ne me laisserais pas berner. Par toi. » Le ton se fit plus dur. « Tout. Est. De. Ta. Faute.»

Menteur. Je ne peux pas te croire. Je ne veux pas te croire. De tout façon... Comment aurait-il pu se laisser berner par sa Muse ? Elle l'avait quasiment façonné. Peut-être que ça avait été terrible pour son mentor de le voir se détourner de lui. Peut-être. Sauf qu'il n'avait jamais songé à ça. Elle avait pris entièrement sa place. En même temps, les sentiments s'étaient mêlés à cette situation. Ils avaient été heureux ensemble. Mais parlaient-ils de la même chose ? Probablement pas. Simplement le plus jeune n'y pensait même pas. Les doubles sujets de discussion se révélaient fréquents entre eux pourtant ni l'un, ni l'autre ne paraissaient l'avoir remarqué. En tout cas, s'ils l'avaient compris, ils ne faisaient rien pour changer la donne. Les mots qui suivirent lui arrachèrent un haussement de sourcil. Encore une preuve qu'ils n'étaient jamais connectés sur la même station. A quel moment son absence lui avait-elle manqué ? C'était une bonne question. Oui, il s'était attaché à lui. Avant. Marsh l'avait même admiré. Sa folie avait été comme un tourbillon rafraichissant. Les yeux fermés, il avait suivi le chapelier. Pourquoi n'avait-il pas réfléchi ? Ses sourcils se froncèrent. Il devait rester calme. Surtout ne pas crier. Ses doigts glissèrent sur ses tempes, les massant doucement. Ses paroles lui donnaient mal à la tête. La sensation d'être pris au piège revenait. Pourquoi fallait-il qu'il se sente troublé pendant un bref instant ? Ses paupières se baissèrent alors qu'il se mit à parler.

« - Manquer ? Ne rêve pas. Je suis très bien SANS TOI. »

Son ton s'était élevé quand il avait prononcé ses derniers mots. Voulait-il le repousser ou se convaincre de la véracité de ses propos ? Comme à chaque fois, une multitude de questions se bousculaient dans son esprit. Pourquoi est-ce que Wyborne avait mentionné leur distance ? Pourquoi en avait-il souffert ? En quoi ? Ah oui, personne à martyriser. Cependant une partie de lui voulait croire en la sincérité des paroles de l'homme. Il était venu le voir. Il était venu juste pour lui. Doucement son coeur balança entre joie et agacement mais Marsh songea qu'il devait se reprendre. Si une Vrai ? Faux ? Non, il n'était pas du genre à mentir sur ça. Mais Max s'en fichait éperdument – ou du moins, il essayait. Il voulait tout enterrer. Tout. Mais Wyborne rendait ça impossible. De temps en temps, les bons moments resurgissaient. Les heures toujours trop courtes au club. Les soirées harassantes. Le matériel à déplacer. Les fous rires. Se sentait-il vraiment mieux ? Le mensonge se cachait derrière ses paroles car tout était devenu solitude. De temps en temps, il se rendait au Bul-let's pour sortir de sa bulle. Le travail était la seule chose qui lui permettait – ou qui le forçait à avoir, cela dépendait du point de vue - d'avoir réellement des liens avec l'extérieur.

Ses paupières se relevèrent et il jeta un coup d'oeil à la pièce. Certains cartons étaient bon pour partir à la poubelle. Le nettoyage dans la réserve était à programmer pour bientôt. Une liste sur la porte était prévue à cet effet. Des noms y étaient inscrits avec les tâches de chaque personne. Manifestement, elle s'avérait bien respectée. L'invitation au déjeuner sonna étrangement à ses oreilles. Ce serait un repas en tête à tête, coeur à coeur. Franchement, Max ne se sentait pas prêt. Sans compter que monsieur ne saurait probablement pas se tenir en publique. Attirer les regards, sans lui. Toutefois, autre chose se cachait derrière son refus. Manger en ne buvant pas de thé n'était pas dans les habitudes du chapelier toqué. Et lui, ça, il ne pouvait plus. Son rire ou plutôt leurs rires le hanteraient à nouveau. Joyeuse, elle se tiendrait devant lui une tasse dans la main. De sa bouche, quelques piques s'échapperaient. Sur les morceaux, sa prestation. Pour seule réponse, un soupir se serait envolé. Elle aurait continué à l'asticoter et il aurait. Etait-ce le bonheur ? Avaient-ils été heureux tous les trois ? Oui. Non. Ses yeux glissèrent dans ceux de son interlocuteur.

« - Pourquoi ? » Pourquoi est-ce que tout avait fini ainsi ? Pourquoi elle ? Pourquoi moi ? Un seul mot comportait tellement de possibilités. Doucement, un sourire moqueur se dessina sur ses lèvres. « Je n'ai pas de temps pour toi. »

Et que je remue la plaie. C'était son petit plaisir. Combien de fois s'était-il demandé s'il pouvait mettre en colère l'homme ? Un nombre incalculable – tel un enfant narguant un adulte afin de tester sa patience et sa bienveillance à son égard, une peste d'une certaine façon. Chaque mot sortait avec soin, toujours à un moment précis. Certaines phrases se montraient être autant de piques distillées à l'instant opportun. En réalité, Marsh s'inventait des excuses pour éviter le déjeuner. Du temps, il en avait et puis une pause déjeuner d'une heure, une heure et demi ne faisait de mal à personne. Sauf qu'il n'en prenait plus pour sa part. S'il décidait de manger, il se prenait un sandwich et disparaissait quelque part dans la boutique. La réserve, le studio d'enregistrement, le placard ou même le bureau où sur une plaque, ''Directeur'' pouvait être lu. Même s'il passait la plupart de son temps en dehors de cette pièce, ça faisait toujours bien. Un directeur sans bureau équivalait à un dj sans club. C'était bien trop triste. Il n'y avait d'ailleurs pas de bureau de comptable ou autre. A vrai dire, il n'employait pas tellement de personnes – pas suffisamment à ses yeux pour payer un type pour la comptabilité, alors la sous-traitance entrait en scène. Quand il avait besoin, il appelait quelqu'un qui s'occupait de tout. Pratique, pas cher et il pouvait en changer comme bon lui semblait. Mais bon il suivait l'évolution de sa petite société et se montrait très au fait de sa santé financière. Bon peut-être qu'il valait mieux sortir une excuse moins abstraite.

« - Je dois travailler et honnêtement, je n'ai pas faim. »

Et ça, c'était vrai. Pas le travail mais la faim. Que ce soit le jour ou la nuit, il pouvait vaquer à ses occupations professionnelles cependant l'appétit ne se commandait pas comme ça. Depuis sa mort, son rythme de vie avait été totalement chamboulé. Prendre un petit-déjeuner à 10h, déjeuner à 17h et dîner à 3h du matin n'était plus un problème pour lui. Entre évidemment, le grignotage était de mise. Pas bon pour la santé ? Et alors ? Personne ne le surveillait. Encore fallait-il oser qui plus est. Têtu ? Si peu. Quelques personnes possédaient une forte influence sur lui et l'une d'elle se trouvait dans la réserve. Si avec le temps, elle paraissait avoir disparu, Marsh savait qu'en passant du temps avec son ancien ami, elle pouvait réapparaître. Sa méthode pour se débarrasser de Wyborne était bien compliquée mais franchement un simple ''Je ne veux pas déjeuner avec toi'' perdrait sa négation avec son esprit tordu. Lui proposer de repasser plus tard s'immisça dans ses pensées mais c'était bien trop risqué. Il allait prendre ça comme une marque d'intérêt et allez savoir ce qu'il pouvait se mettre à imaginer. Ses mains disparurent dans ses poches et lentement, ses pieds l'amenèrent à côté de l'homme. Dans ses prunelles, une trace de fatigue se lisait.

« - Pourquoi est-ce que tu t'accroches ? Ça fait mal. Ça me fait mal. Ça ne sert à rien de vouloir recoller les morceaux. La chanson est finie. »

Qui était le plus égoïste entre celui qui s'imposait et celui qui fuyait ? Disparais et laisse-moi les bons souvenirs. S'il te plait. Sa haine était retombée un instant et il redevenait l'adolescent qui dévisageait son aîné comme par le passé. Je vais retravailler ce morceau. Tu seras fier de moi. Dis ça te plait ? J'ai peur pour ce soir. Wyborne, je ne comprends pas. Cette soirée, c'était l'Enfer. Je crois que je suis fatigué.
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MessageSujet: Re: Mad for the March Hare [Wyborne&Max]   Jeu 25 Nov - 8:59

Wyborne
    Debout près du lièvre, Wyborne ne pouvait pas s’empêcher de se demander si le blond comprenait réellement ce qu’il disait. Était-ce lui qui s’exprimait mal ou plutôt, lui qui faisait la sourde oreille? Il parlait du temps, cette simple idée suffisait à lui donner un haut le cœur mais ce n’était vraiment pas le moment de faire la fine bouche, il était là après tout. Ils ne parlaient plus la même langue, ils n’empruntaient plus le même chemin, ils ne rêvaient plus aux même choses. Pourtant, il n’y avait pas si longtemps -deux ans quand même-, ils n’avaient pas même besoin de parler pour se comprendre. Le chapelier se contentait à ce moment, de regarder le lièvre de mars et un sourire étirait alors leurs lèvres. Oui, il n’avait pas oublié, il ne laisserait pas le temps lui soutirer quoi que ce sois, encore moins ses souvenirs. C’est avec cette idée en tête, ce courage qui ne l’avait finalement jamais quitté, qu’il trouva donc la force de s’exprimer.

    « Mais puisque je te dis que je ne l’ai pas tué...

    C’était de plus en plus difficile de suivre leur conversation. Parlaient-ils du temps ou d’elle? Même Wyborne ne savait plus. Il savait que dans les deux cas, il était innocent mais il savait aussi -et très bien même- qu’il regrettait de ne pas être le coupable de leurs deux morts. Heureusement, l’un des deux était mort, pas nécessairement son choix premier mais, c’était mieux que rien du tout. Est-ce qu’il aurait été capable de la tuer, elle? Ce Elle qu’il aimait tant, qui l’avait détourné de lui. Non, même pas. Parce qu’on avait beau le dire toqué le vieil homme, que Wyborne devenait avec les années, n’aurait jamais trouvé le courage de lui faire du mal à lui à travers elle. Même sa souffrance personnelle, lourd fardeau qu’elle avait lancée sur ses épaules, n’aurait pas suffit à l’encourager. Il le savait mais pas lui. Il ne pouvait pas l’en blâmer, après tout elle l’avait souillée. De par sa présence, son amour, son odeur et son goût. Max n’était plus Max, enfin plus complètement mais il y avait une partie de lui qui était restée intacte et c’est à celle-là que Wyborne s’accrochait. Il devait la posséder, s’en emparer. Tout avant qu’un autre, qu’une autre, arrive et ne le fasse. Après tout, IL était sien.

    La notion de possession était plutôt vague dans l’esprit de Wyby, il ne faisait normalement pas attention à ce genre de chose. Les objets se possédaient mais on pouvait les perdre si facilement, les humains étaient du même genre. Oui et c’est bien ce qui le dérangeait en ce moment. N’avait-il pas perdu Max à un moment? Même pas! On le lui avait volé en réalité et c’est là que son esprit dérivait. Parce qu’il ne pouvait pas concevoir que le lièvre l’ai quitté, tout comme il était impossible que lui l’ai perdu. Ne c’était-il pas toujours assuré de la présence de Max près de lui? Ne l’avait-il pas toujours entouré d’une attention particulière, une attention qu’il n’offrait qu’à lui? Oui, bien sur que oui! Il lui était tout dévoué et ça avait longtemps été réciproque. Alors pourquoi pleurait-il encore sa mort à elle? Ça le chapelier ne le comprenait pas, c’était trop difficile pour son petit esprit –pour ne pas le dire minuscule-. Le bien, le mal, c’était une notion tout aussi vague. Pour lui, elle avait été le bien et pour lui, elle avait été le mal. Amour et perfection pour l’un, destruction et abandon pour l’autre. C’était tellement compliqué, bien trop pour quelqu’un qui était au bout du compte, bel et bien mort. Pourquoi se prendre la tête avec elle, si elle n’était plus? Wyborne était toujours un peu froid, oui surement.

    Le coup final vint pourtant dans les propos suivant de celui qui avait jadis été son ancien disciple, un coup sous la ceinture. Il ne lui avait pas manqué, il était très bien sans lui. C’était presque un coup fatal et il saignait, pas de l’hémoglobine, bien entendue. Non non, c’était quelque chose d’autre, quelque chose de plus douloureux, de plus essentiel que du sang. Son essence, son âme ou quelque chose du genre. Il n’aurait su vous le dire clairement, la douleur était poignante, trop pour qu’il songe à l’endroit ou il avait mal. Son cœur se crispa et il comprit que c’était là qu’avait eu lieu le choc, avait-il cessé de battre? Ça ne l’intéressait pas et il ne s’interrogea pas quant à la survie de son organe, non après tout le sang courait toujours dans ses tissus, il n’allait pas mourir. Pas physiquement du moins. Aussi, il ne put que le dévisager, son visage palissant sous ses paroles. Ce n’était plus seulement des mots, non c’était beaucoup plus, dix couteaux qui se nichaient dans son être, dans son moi. Le bleu de ses yeux devint plus claire, une fine couche humide venant les caresser. Il aurait bien voulu parler, rire de sa blague ou nier ce qu’il avançait mais quelque chose dans sa voix, dans son ton, lui avait fait comprendre que Max disait vrai. Il pensait réellement ce qu’il disait ou du moins, tentait de s’en convaincre. Pourquoi? Pourquoi essayait-il autant de le repousser? C’est peut-être ça d’ailleurs, qui lui faisait le plus mal. L’acharnement qu’il mettait à le haïr, à le repousser, à ne plus être Max tout simplement. Son Max.

    Il ne lui restait plus qu’un seul mot dans la bouche. Un mot qu’il tournait de tous les côtés, qu’il mâchouillait tristement, que même ses yeux semblaient chuchoter à son vieil ami. Pourquoi? Il hésita quant à le formuler. La douleur était lancinante, elle voulait qu’il le dise mais son esprit n’y voyait pas de bonne raison. Ils ne faisaient que dire ce mot, pourquoi. Et il y avait tant de possibilité, tant de réponse, tant de mensonge aussi et tant de complexité à la chose. Non, il n’était pas en état de prendre une chance et de dire le mot sacré, le mot détesté. La réponse lui faisait tout aussi peur.

    « Tu ne sais plus ce que tu dis.

    C’était presque pathétique mais la douleur présente dans sa voix n’avait rien d’un leurre, tout comme la façon qu’il détourna enfin les yeux du lièvre. Retrouvant presque piteusement le sol, son regard chercha de quoi occuper son esprit, de quoi détourner la douleur. Difficile, très difficile même. Il n’aurait pourtant pas du, il aurait pu panser ses plaies -imaginaires- avec une analyse de la réaction de Max. Oui mais il continuait de se vider de cette substance incolore, inodore mais bien loin d’être indolore. Il avait mal, toujours. Encore, depuis deux ans, depuis plus longtemps. Sa douleur se perdait dans son esprit, dans les méandres des souvenirs, dans la musique et le thé. Le thé, voilà la solution, il devait boire du thé! Ça réglait toujours tout, ou presque. Sa main droite, en bon automate qu’elle était, rejoignit aussitôt son thermos. Les doigts effleurèrent la surface lisse, caressèrent le couvercle mais ses yeux remontèrent sur son vieil ami alors qu’il tirait sur son précieux flacon. Les yeux bleus foncés le firent hésiter et comme un bon petit garçon, chose qu’il avait du être un jour -ou pas-, il relâcha le contenant, qui retourna se nicher dans la poche intérieur de son manteau. Le contacte visuel avait gagné la partie, le thé ne changerait rien. Il en était persuadé. Mais il continuait de se vider, le débit avait diminué mais il coulait toujours. Continuellement.

    La même maudite question, encore et encore. Si ça n’avait pas été lui, il aurait sûrement grogner, gueuler, peu importe mais il aurait laisser sa rage prendre le dessus. Ne pouvait-il pas cesser de poser cette question là? Est-ce qu’il n’avait QUE ça à la bouche? Pourquoi, pourquoi, POURQUOI! Pourquoi, pourquoi? Tien, celle-là elle l’aurait bien bouché! Non allons, c’était Max, il ne pouvait pas s’emballer devant lui, encore moins contre lui. Il ne répondrait pas à cette question, il n’avait pas envie. Il avait mal, il se fichait du pourquoi de Max. S’il arrivait à cesser de tout faire tourner autour de sa petite personne auprès de son vieil ami, ça ne l’empêchait pas de rester égoïste à sa manière et en ce moment, il considérait la situation ainsi. Mais un sourire moqueur étira les lèvres du propriétaire de la boutique et Wyborne plissa doucement les yeux. Ce sourire là n’avait rien de rassurant et lorsque le deuxième coup vint heurter son esprit, il sut qu’il avait eut raison. Il était trop tard, beaucoup trop tard. Le temps gagnait du terrain, pas des minutes, jamais. Non il gagnait simplement dans la course qui les opposait et Max préférait aider cet être ignoble que lui. Voilà d’où venait la douleur cette fois et son âme gémissait.

    « Ou est Max?! Je veux voir Max...

    C’était là, sa seule solution possible, l’unique logique qu’il était prêt à accepter pour le moment. L’homme qui se tenait devant lui ne pouvait pas être lui. Maintenant il savait que c’était impossible. Max lui avait fait du mal par le passé mais jamais autant, jamais intentionnellement et il recula de deux pas, comme secoué par ses mots. Quel monstre pouvait prendre l’apparence de ce cher Max? Quelle abomination osait le tromper en revêtant un masque tant cher à son cœur? Tant pis si son idée ne faisait pas de sens, dans cette ville, il ne fallait pas se fier sur celui-ci. Ici, tout était possible, même le pire. Non, surtout le pire et il n’avait jamais cru que ça lui tomberait dessus. Écarquillant les yeux, presque effrayé, il recula encore d’un pas. Il avait beau être rassuré de ne pas être en présence de Max, que ce ne sois pas lui qui lui dise toutes ses méchancetés, il n’était pas non plus dans une zone de confort. Ça non.

    L’homme ne sembla pourtant pas l’entendre, peut-être qu’il avait murmuré? Dans la surprise, il ne savait pas trop, il ne voulait plus savoir en fait. Il accusa donc le coup en solo, Max-le-monstre lui annonçant qu’il n’avait pas tellement faim et qu’il devait travailler. Tien, il semblait presque normal en ce moment. Était-il possible que Max sois possédé par une créature, qui prenait de temps à autre le dessus sur sa personnalité d’origine? Le chapelier commençait à se le demander sérieusement. Il aurait sans doute valut mieux qu’il se concentre sur un moyen de l’expliquer à Max, ou encore de l’exorciser mais la douleur ravivée en lui, ne voulait pas se taire. Hors, avec une voix qui gémit dans la caboche, il était très difficile, vois pratiquement impossible, de réfléchir réellement -pas que ça lui soit arrivé souvent remarquez-. La question du moment était pourtant de savoir, si oui ou non, il était prêt à laisser passer cette chance, à le laisser filer. Parce que possédé ou pas, Max restait Max. Et ce Max là, il était à lui, enfin il devait le redevenir. Lui l’avait toujours considéré comme sien, qu’elle soit là ou pas, il n’y avait que lui qui c’était emmêler les pinceaux au final.

    « Mais je ne te demande pas de manger...

    Ce qu’il racontait ne faisait plus de sens, ça il commençait à le comprendre. Il l’avait accusé de ne pas être son Max, quelques minutes plus tôt et maintenant, il osait râler parce qu’il refusait platement son invitation. Est-ce qu’il savait ce qu’il voulait? Non, sûrement pas mais c’était de sa faute. C’est elle, qui avait tout chamboulé, c’est elle qui le lui avait volé. Il n’avait aucune intention de battre en retraite maintenant et le regarda le rejoindre. La douleur l’engourdissait, faute de diminuer et lorsque son ancien disciple se planta devant lui, ses jolis yeux cherchant quelque chose dans les siens, il ne fut plus en mesure d’avoir peur. Il n’y eut plus aucune crainte, plus aucune douleur, l’espace d’une seconde. Une minuscule seconde, le temps était si cruel. Il faisait trainer les années mais ne lui offrait qu’une seconde de répit. Pourquoi? Encore cette foutue question!

    Les questions du lièvre faisaient pourtant du sens et il l’écouta attentivement, sans rien dire. Pas tout de suite. Non, il se devait de réfléchir et c’est ce qu’il fit quelques secondes, le bleu claire de ses yeux examinant la teinte plus foncé de ceux de son vieil ami. Il avait mal? Un petit sourire étira les lèvres du chapelier. S’il se savait incapable de se fâcher devant Max, il connaissait la frustration, la peine, la douleur. Les morceaux n’étaient pas brisés, la chanson ne pouvait pas être terminé, elle n’avait pas même été achevé. Il parla enfin, doucement, presque réfléchis.

    « Tu ne l’as pas même terminé, pourtant tu avais promis. Je ne l’ai jamais eu cette chanson, c’est à elle que tu l’as offerte, c’est elle qui la chantait. C’est la sienne qui est terminé. La mienne, tu n’as pas même le courage de l’achever.

    C’était cruel, œil pour œil, dent pour dent. Il souffrait qu’il disait, lui aussi. Compatissons ensemble Max. Oui mais ce n’était pas aussi facile et ça, il le savait, quelque part dans sa tête du moins. La douleur ne s’apaiserait pas ainsi malheureusement et il plissa un peu les yeux, son visage prenant une expression douloureuse. La douleur de l’âme, celle du cœur, quelque chose de bien plus terrible qu’un corps mutilé, quelque chose qui ne se répare pas avec un médecin. Quelque chose de délicat.

    « Je suis venu voir Max, je veux aller prendre le déjeuner avec lui. Peut-être même boire du thé.

    Il replongeait dans son délire, il essayait d’y croire et un triste petit sourire étira ses lèvres. Oh oui, boire du thé avec Max, faire comme avant. Écouter sa musique. Apprécier son génie musical. Le féliciter. Boire son regard. Boire son thé. Simplement être avec lui. Était-il trop tard? Il ne savait pas trop et baissant la tête, les années le rattrapant doucement dans cette expression, il murmura comme à lui-même.

    « La musique de Max, oui c’est de ça que j’ai besoin. Je dois le trouver… Il n’y a que lui capable d’apaiser la douleur. Il me faut Max...

Max
Ne plus savoir ce qu'il disait ? Il aurait aimé. Réellement. Hélas, il n'avait pas encore perdu la tête. Pourtant sa mémoire semblait vouloir lui jouer des tours. Mais cette nouvelle entrevue aurait du mal à quitter son esprit. Son attention avait été détournée un instant par une affiche d'un groupe qu'il avait beaucoup écouté. Peut-être qu'il trompait ses songes pour oublier. Toutefois mettre de côté la présence de Wyborne n'était pas si facile. Celui -ci trouva d'ailleurs l'occasion de se rappeler à son bon souvenir. Alors comme ça, il ne lui demandait pas de manger ? Qu'allaient-ils faire ? Se regarder en chien de faïence, chacun attendant que l'autre s'exprime ? Le silence entre eux se révélait impossible. Improbable car le plus jeune savait qu'il n'arrivait à atteindre l'indifférence souhaitée face à son aîné. Alors quoi faire ? Parler encore et encore des mêmes choses ? Avoir une discussion où ni l'un, ni l'autre ne pouvait parier avec certitude du sujet. Cependant n'invitait-on pas quelqu'un à manger dans ces cas-là ? Pourquoi lui avait-il parlé de déjeuner ensemble alors ? Souhaitait-il juste boire du thé ? Avec un peu de chance, ce liquide avait remplacé le sang dans ses veines. Le jeune homme se demanda un instant ce qu'il pourrait s'échapper de la peau s'il coupait son mentor. Est-ce que du thé jaillirait ? La vision d'un Wyborne aux multiples cicatrices errant dans les rues et se transformant en fontaine ambulante l'amusa. Ses adorateurs se jetteraient sur lui, le dévoreraient dans le but de récupérer le précieux breuvage. Triste destin.

Pourtant, un instant, seuls les yeux s'exprimèrent. Les lèvres closes se gardaient de les mener sur un chemin à nouveau tortueux. Durant ce court laps de temps, il eut le sentiment d'être à nouveau avec lui. D'être à nouveau dans le passé. Il avait juste eu envie de lui dire ce qu'il ressentait. Coeur à coeur. Juste une fois. Mais le sourire l'ébranla et ses pensées se perdirent encore. Pourquoi est-ce que le Chapelier ne le prenait pas au sérieux ? Est-ce qu'il se moquait ? Le négatif encore et toujours. Bien mauvais point de départ pour une réflexion. Brusquement tout s'envola pour laisser place à de la culpabilité. L'homme avait raison. Il avait tout fait pour elle. La raison de leur souffrance, difficile prise de conscience, se dessinait. Sa forme féminine se faisait plus clair. Peut-être qu'au fond, Marsh l'avait su sans vouloir l'admettre. Deux. Trois. Deux. Amitié. Adoration. Amour. Douleur. Pouvait-on adorer plus d'une personne ? Les piédestaux étaient-ils assez grands ? Cependant l'oubli de l'exclusivité jouait contre ce schéma. Lui et elle étaient semblables sur ce point. Ironie, La Do Ré, à moins que ce ne soit l'adorée, s'était envolée finissant sa chanson. Elle leur avait laissé ce fado pour entrainer leur destin. Malheureusement, ni l'ami, ni l'amoureux ne l'avait compris. D'une voix presque blanche, il murmura.

« - Est-ce que tu m'en veux ? Je... Je pourrais la finir, si tu y tiens... »

C'est vrai qu'il n'avait pas eu le courage de l'achever. Il s'était laissé terrasser par les événements oubliant ses promesses vis-à-vis de l'homme. De personnage principal, il avait été relégué à personnage secondaire. Son comportement concernant son mentor se fit plus clair. Le jeune homme l'avait tout simplement abandonné pour l'amour ou en tout cas, ce qui en avait l'allure. Mais malgré sa présence à elle, il n'avait jamais pu faire sans celle de l'homme. Sombrant un peu plus face à la réalité, il eut le sentiment d'être fauché en pleine chute. Il n'acceptait pas ce qu'il avait fait. Il ne voulait pas le reconnaître. Son cerveau clamait que sa conduite avait été juste. Néanmoins, les propos de Wyborne semèrent un trouble indésirable. S'il n'était pas Max alors il n'avait pas à songer au bien ou au mal de sa conduite. Mais si le chapelier ne le considérait pas comme son ancien élève alors qui était-il devenu ? S'il n'existait plus alors pourquoi devait-i subir cette discussion ? S'il était autre pourquoi devait-il nourrir cette culpabilité ? Pourquoi lui et pas un autre ? Les questions s'entortillèrent alors que son visage se baissa essayant de calmer les enchainements de pensées et les suites le plus souvent illogiques de déduction. Il courait après un échappatoire invisible. Doucement son visage se redressa pour fixer la porte.

« - Si je ne suis pas Max, alors qui... suis-je ? »

Sa voix n'était plus qu'un murmure. Un cri intérieur s'élevait mais le souffle du petit garçon l'anéantissait. Qui était-il ? Pourquoi vivait-il ? De la tristesse s'amoncelait dans son coeur. Si même lui se mettait à parler comme si sa présence pouvait être remise en question, alors cela signifiait qu'il avait basculé dans un autre monde, non ? Qui suis-je ? Dis-moi qui je suis. Je t'en prie. Mais rien ne s'échappa. Il aurait tellement eu besoin d'être rassuré. Glissé derrière lui, le jeune homme observa son aîné. Le temps faisait son oeuvre. Ses cheveux montraient des signes de l'âge. Sa tenue était moins soigneuse que par le passé. Etait-il entrain de se laisser aller ? Peut-être que s'ils avaient eu encore les soirées, Wyborne aurait fait des efforts. Peut-être. Mais il y avait des chances pour ces dernières n'eurent pas forcément le même succès qu'avant. Est-ce que les gens cherchaient les mêmes frissons ? Timidement, sa main se tendit pour effleurer le tissu de son haut. Aide-moi. Courant à la sortie des cours, dévalant les rues, l'adolescent paraissait pressé de se rendre au bar. Un sourire aux lèvres, la hâte de le voir le submergeait. Entendre ses conseils, s'amuser avec lui. C'était fini, n'est-ce pas ? Si même lui ne le reconnaissait plus alors, il avait bien disparu. Une étrange angoisse vint se nouer dans sa gorge. Les mots se gravaient dans son esprit. Ils pénétraient dans son corps pour se glisser sournoisement sous sa peau. Chaque nouvelle parole le blessait un peu plus. Comment guérir ces plaies qui se mettaient à saigner à nouveau ?

A son tour, un liquide invisible s'échappait. Les mots tournoyaient dans son esprit. Tout allait bien. Tout allait bien se passer. Simplement, ce n'était pas si simple que ça et sa mâchoire se serra sous les nouvelles paroles. Le thé, le thé, il n'y avait que cela. Mais ce ne fut pas ce qui l'acheva. Besoin de lui ? De sa musique ? Ses yeux s'écarquillèrent pendant que sa tête tournait à droite et à gauche comme agitée de spasmes frénétiques. Rester calme. Craquer. Il était sur le point de perdre son sang froid malgré ce qu'une petite voix intérieure lui soufflait. Subitement, le volcan explosa.

« - Je te déteste. Tu m'entends, JE TE DETESTE. »

Les mots s'étaient mués en cris. Il n'en était pas fier mais c'était plus fort que lui. La rage le dominait et même s'il essayait de se raisonner, rien y faisait. Comment aurait-il pu rester calme en entendant certains propos ? Est-ce qu'il avait été là quand il avait eu besoin de lui ? Non, il avait disparu. Tout simplement. Avait-il été à ses côtés quand il avait eu besoin de parler ? Non. Pourquoi devait-il être là pour lui ? Maintenant. S'il avait eu tellement besoin de lui, il n'aurait pas attendu. Du moins, était-ce que Marsh croyait. Des belles paroles, comme Wyborne savait le faire. Comme il savait les distribuer à qui voulait les entendre. A force, elles perdaient leur importance. Pourtant, à une époque, les paroles du chapelier l'aurait empli de joie. Oui, il aurait été heureux de compter un peu plus pour lui. C'était du passé. Ce temps ne risquait pas de revenir. La main perdit sa timidité et se referma brusquement le haut de l'homme. Fini. Il devait arrêter de rester dans l'ombre. D'hésiter. Son corps se tourna, ses jambes se mirent en marche et sa main tira sur le tissu trainait l'homme à sa suite. Peu importait les regards qui pouvaient leur être jeté, il songea qu'il fallait que tout cesse maintenant. Dernière chance. Dernière carte. Tout en longeant les couloirs, Max essayait de faire le vide. Silencieusement, il se battait contre les paroles de Wyborne. Toutefois comment les sortir de son coeur ?

Son pas se fit plus rapide comme s'il avait besoin de s'échapper du magasin. Déjà enchainé à son mentor, le jeune homme craignait ce que cet endroit, qu'il avait créé, ne devienne une prison à son tour. Partout où le chapelier passait, il laissait des traces. Cependant le plus jeune savait qu'il n'était pas prêt pour clore ce chapitre. L'attachement, la douleur. Le petit garçon n'avait pas envie de le laisser partir. Ses doigts se crispèrent sur le tissu alors que sa main libre ouvrait la porte menant sur le magasin. L'employé le plus proche eut un sursaut de surprise en entendant les pas. Cherry, personne sans qui le trouble ne serait pas arrivé, se cacha derrière la caisse. Elle avait déjà fait suffisamment parler d'elle. Max aurait été incapable de dire s'il y avait du monde ou pas ce jour-là. Son corps fendit les rayonnages avec un seul objectif : celui de sortir. La porte franchie, il tira sur le haut mettant l'homme face à lui. Si d'habitude, le jeune homme prônait la discrétion, la colère lui faisait oublier qu'ils se trouvaient dans un espace public. Ses yeux se plantèrent dans ceux de son interlocuteur.

« - Est-ce que tu as apaisé la sienne ? Ce petit garçon, tu l'as laissé mourir. TU l'as laissé perdre ce qui comptait pour lui. Et je ne parle pas uniquement d'elle. La confiance, l'admiration, l'envie d'être avec toi. Tu as tout détruit. » Un sourire triste se dessina sur son visage. « Grâce à toi, je ne suis plus que l'ombre de mon passé. »

Es-tu content ? Satisfait ? Je ne suis ni à elle, ni à toi à maintenant. Je ne sais même plus ce que je suis. Ni ce que je dois faire. Wyborne, je dois te présenter quelqu'un. Je suis sur que tu vas l'adorer.
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Stephy
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MessageSujet: Re: Mad for the March Hare [Wyborne&Max]   Jeu 25 Nov - 9:00

Wyborne
    Est-ce qu’il lui en voulait? C’était une mauvaise question. Elle n’arrêta pas sa douleur et il en fut bien malheureux, légèrement déçu. Max ne réalisait-il pas qu’il se vidait? Que tout se déversait, sans que lui, pauvre petite vaisselle fissurée, porcelaine imparfaite, il n’y puisse quoi que ce sois. Cette sensation lui faisait peur, plus qu’il ne voulait bien l’admettre. Il la connaissait, il l’avait effleuré lorsqu’elle était morte, lorsqu’elle lui avait cédé sa place. Une place qu’il n’avait pas été en état d’accepter, encore moins de gérer. Comment peut-on remplacer l’irremplaçable? De la même façon que l’on tue le temps. En faisant semblant. Mais lui, il ne savait pas, il ne saurait peut-être jamais. Plus que tout, il ne voulait pas jouer à cela, pas avec lui, pas à sa place à elle. Jamais. Parce que même si le chapelier refusait cette simple idée, qu’il reléguait l’attachement de son jeune disciple à la demoiselle à une folie de plus en ce monde, il avait comprit combien elle lui importait. Il avait perdu sa place, fut-ce-t-elle jamais sienne. Et il coulait, il coulait. Ploc, ploc, ploc! Si seulement Maxie pouvait l’aider!

    Les mots sacrés tombèrent enfin et là, ses yeux se redressèrent pour le dévisager. Ses prunelles s’illuminèrent, dévorèrent les siennes, son visage, son expression, son corps. Gloup! Il allait le manger, l’avaler, ne jamais plus le recracher. Il n’en revenait pas, il ne s’y attendait tout simplement pas mais il en était charmé. Non, il était ensorcelé! Finir sa chanson? Reprendre là ou il l’avait laissé? Cette offre prenait, encore une fois, plus d’un sens. Leur conversation reprenait-elle des doubles sens? Il était tenté de répondre par l’affirmative et puisque rester calme n’était pas dans ses habitudes -on ne peut pas être toqué sinon, il faut comprendre-, un sourire de pure soulagement glissa sur ses lèvres. Il se faisait déjà des cinémas, il s’imaginait en sa compagnie. Il s’installerait dans un fauteuil dans le studio alors que lui travaillerait son morceau, ils l’écouteraient ensemble, Wyborne fermerait les yeux, se laisserait transporter. Max finirait par rire, lui aussi et ils prendraient un peu de thé afin de rester encore éveillé. La nuit passerait, toute entière dévoré par le soleil levant et ils se laisseraient finalement tomber dans un coin, se tenant compagnie alors que leur corps sombreraient dans le sommeil. Oui, il en rêvait. Non, en réalité il fantasmait complètement!

    « Oh Max !

    Il ne croyait pas à sa chance, la porcelaine se refermait doucement. Il ne réalisait pas tout le mal qu’il venait de lui faire et sans aucune malice, ignora son autre question. Toute cette histoire de démon intérieur, de double personnalité et d’exorcisme pas même entamé, était dorénavant bien loin de ses pensées. Il n’en avait plus rien à faire. Absolument rien. Max était redevenu Max, quel miracle! Un peu plus et il aurait levé les bras au ciel, prêt à les remercier de leur initiative mais il se perdait si vite dans ses pensées, dans le thé. Oui, le thé. C’est si délicieux, si chaud, si sucré. Il avait envie de thé. Et le lièvre? Hop hop, pas le temps d’y réfléchir, par le temps de lui répondre correctement, encore moins celui de réagir lorsqu’il sentit la main se refermer sur son manteau. Sa main. Glissant sur le sol de la boutique, les pieds de son ancien disciple le trainaient maintenant vers la sortie. Mais n’avait-il pas crié? Oh, il ne se rappelait plus, il avait songé au thé. Quand il pensait au thé, le reste s’effaçait. Tout sauf Max, le Max dans sa tête, le lièvre qui riait avec lui, pas celui qui lui criait de repartir. Encore moins celui qui lui disait le détester. Oui, voilà ce qu’il lui avait craché au visage! Son sourire ne sut pourtant pas quitter ses lèvres, c’est qu’ils avaient fait un pas dans la bonne direction, un pas vers le passé. Un pas vers leur futur! Parce que lui, il y croyait, dur comme fer -la porcelaine c’est bien trop fragile pour jurer-.

    « Impossible. Je ne te crois pas.

    D’où lui venait cette confiance? Il n’aurait pas sut le dire mais elle était là. Il ne coulait plus, la liquide avait cessé de giclé mais il avait bien sentit la fissure s’ébranler. Elle était prête à saigner, elle prête à recommencer et lui, la suppliait de tenir bon. Non, Max ne le détestait pas, impossible. Il l’aimait, il avait été si bon avec lui, lui aussi vis-à-vis de lui. Il n’y avait jamais eu qu’elle pour les déranger, pour les diviser. Hors, elle ne reviendrait pas. Hors de question!

    Pas même un instant, pas même un tout petit, le chapelier ne songea à repousser son vieil ami. Il se laissa faire docilement, vieux fou trainé par un propriétaire mécontent. Qu’importe l’avis des autres, lui il savait. Oui mais encore, demandait une petite voix dans sa tête. Que sais-tu donc Wyborne? Qu’il ne pouvait pas le détester, mieux même, qu’il ne voulait pas le détester! Souriant gentiment au lièvre, qu’il se mettait à considérer comme très utile, lui indiquant si gentiment la sortie afin qu’il ne se perde pas en l’attendant -parce qu’ils allaient déjeuner ensemble je vous le rappel-, il se décida même de l’aider. Ses pieds se mirent à bouger, eux aussi, donnant plus de facilité à Max, quant à le foutre dehors -ce que le plus fou des deux hommes, n’avait pas encore compris-. Et voilà qu’au bout du dernier étalage, il lui faisait face. Content? Oui un peu, sûrement. Jusqu'à ce qu’il parle. Jusqu’à ce qu’il réalise. Jusqu’à bien des choses, que le temps ne lui laissa pas assimilé assez lentement mais celui-là, il n’en avait jamais que pour la douleur. La torture, ça le connaissait bien. Tic, dans la tête. Toc, dans le cœur. Tic, une fissure. Toc, deux fissures. Tic. Toc. Tic!

    Les paroles lui firent mal, très mal. Le liquide jaillit, déborda et s’enfuit bien loin de lui, moqueur mais pas intacte. Il regretterait son départ, au moins autant que lui, qui en était maintenant dépouillé. Le tic toc de sa montre lui parvenait maintenant aux oreilles, fait bizarre puisque sa montre ne fonctionnait pas toujours. Seulement lorsque cela comptait vraiment, seulement lorsque le temps pouvait lui faire du mal. Non, seulement quand il voulait lui faire du mal. Il y arrivait, lui aussi. Était-ce encore l’un de ses petits jeux cruels? Wyborne cilla un instant, le dévisagea un peu plus longtemps et prit dix bonne secondes pour retourner tout ça dans son esprit. Le bruit des aiguilles retentissait dans son esprit alors qu’il tentait de comprendre, l’agaçant, lui faisant réaliser le vide qui était maintenant sien. Le bruit se répercutait à travers lui, l’écho se formant depuis sa carcasse vide, depuis l’intérieur, bien triste bruit. Assommant. Étourdissant. Écœurant même. Ses sourcils se froncèrent sous le bruit incessant du tic toc et une main remonta contre sa tempe gauche.

    « Tu mens ! Je suis incapable de te faire du mal… Pas même à elle. Jamais ! Et à mon plus grand regret. Elle t’a arraché le cœur, t’aurait-elle aussi volé l’esprit mon pauvre ami ?

    Il ne savait plus trop ce qu’il racontait mais il y croyait et tournant légèrement la tête sur le côté, le tic toc enfla dans son esprit. Ses yeux se refermèrent doucement, sa mâchoire se serra et il serra quelque mèche de cheveux dans sa main. Impuissant face à la douleur, vide de l’intérieur, un petit gémissement s’échappa d’entre ses lèvres, rejoignant le liquide plus loin. Moquez vous, moquez vous donc, vous ne comprendrez jamais ma peine, ma souffrance! Et ils s’en donnaient à cœur joie. Incapable d’en pendre davantage, il redressa la tête et c’est là qu’il vit le coup venir. Max allait lui faire mal, encore. Sans réfléchir, n’écoutant que son instinct, c’est sa main qui partit en premier. Le bruit se répercuta depuis ses oreilles jusqu’à son cœur. La fissure devient un trou béant et il eut un haut le cœur. Heureusement pour lui, il ne restait rien du liquide -sauf celui dans son thermos mais ça, c’était une autre histoire-, et il ne sut quoi régurgiter aux pieds du lièvre. Ses yeux remontèrent au visage qu’il venait de toucher, qu’il venait de frapper, le sien revêtant un masque de douleur et de regret. Sa voix se brisa en mille morceaux, s’étalant au sol à la place de son vomi. Voilà ce qu’il avait régurgité, sa voix. La douleur prit toute la place, s’enfla, étouffant les tics toc incessants. Taisez-vous donc, sirène du mal!

    « Max… cette souffrance, ce feu sur ta joue, tous ça m’appartiens. Tu n’as pas à souffrir, pas sans moi. Tu te rappelles ? Oui, est-ce qu’il se rappelait de lui ? Un petit sourire glissa sur sa bouche, tordue dans une grimace de douleur, bien triste spectacle pour un homme de son âge. Pour ne pas dire, pathétique. Ce qui est à moi, est à toi. Ce que je ressens, tu le ressens. Tu es le seul, l’unique, il ne peut y avoir que toi. Ça n’a jamais changé, pas pour moi. Ni pour toi.

    Sa confiance aurait raison de lui un jour, il le savait. Le tic toc reprit, doucement, presque gentiment et il ferma les yeux, soupirant. Sa voix reprit son calme, cherchant sa place, rejoignant son œsophage, qui n’en voulait pas encore complètement. Boire, il devait boire. Oui, c’était plus fort que lui mais pas devant lui. Pas maintenant. Ses yeux fouillaient maintenant les siens avec frénésie, y cherchant un signe, une réaction. Il attendait que le jeune homme lui retourne ses paroles, qu’il accepte son choix, leur choix. Ses exigences avaient toujours été comblées avec Max, il l’avait toujours compris et ils avaient formés un duo presque fusionnel à un moment. Il ne restait plus qu’une chose, qu’il le comprenne, que la mémoire lui revienne. Nostalgique, brisé et cherchant à comblé le vide en lui, il murmura cette fois.

    « Revient moi… Ne la laisse pas tout nous prendre.
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Mad for the March Hare [Wyborne&Max]

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