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 __Darkness Touch* [Wyborne&LaBelleAuBoisDormant]

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Stephy
charming anti-PRINCE
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Date d'inscription : 30/05/2007

MessageSujet: __Darkness Touch* [Wyborne&LaBelleAuBoisDormant]   Jeu 25 Nov - 9:02

La Belle au bois dormant

    Un, deux, trois, quatre, cinq, six,...Je compte! Je compte! Combien y a t-il de pommes magiques dans ce sordide brouillard? L'Impératrice des Songes marche, compte et regarde. Sortit telle une poupée de chiffon de son château de carte, elle est allée s'égarer au fin fond de cette masse de chaise lugubre...Une envie de jouer? Une envie de se perdre? Non, seulement une demoiselle qui s'est réveillée seule se matin là au beau milieu d'une brume épaisse. Des papillons voltigent à l'intérieur de son crâne, des anges lui dévorent l'estomac..!

    Bella danse. Bella chante. La jolie demoiselle serpente au milieu des rideaux de fumés épaisses et malodorantes sortant de mille bouches et de mille gorges aux lèvres poissonneuses. Ses mains d'albâtres se saisissent avec lenteur des verres et des restes engendrés par toutes cette population de carpes grasses emplies du poison de l'oubli, de l'élixir de rêve. Du sang de la belle au bois Dormant.

    Jolie, jolie demoiselle empaquetée dans sa robe de papier de ciel. Tes beaux collants et tes gracieuses jambes frêles ne portent plus le poids de ton maigre corps...alors dort.


    Sept, huit, neuf, dix...Je tombe! Je tombe! La tentation était trop forte, le serpent, l'ange et le papillon ont eu raison de moi. Belle se cache. Belle veut oublier. Bella boit. Il fait sombre et froid, on n'entend que le cliquetis régulier des verres...Mais écoute! Écoute! Entends -tu le souffle lent et perturbé du néant..? C'est elle, le vide, le "rien", l'Invisible! Elle est heureuse, une candeur maladive se répand sur son visage de droite à gauche, de haut en bas... Une folie cosmique accélère sont coeur, son souffle! Ses artères battent le plein, elle est heureuse et ça se voit. Ses mains de marbre se crispent sur le verre de la bouteille -Calice de Morphée- faisant pleurer le miroir de son oubli.

    Accroche toi! Accroche toi! Ou bien tu vas te noyer dans ce vide...Ne lâche pas ce fil de mensonge! Ne respire pas, ne boit pas, ne vie pas! Mais surtout...ne meurs pas. Gourmande demoiselle rit. Chante. Écrit de la plume de ton destin une histoire qui n'est pas la tienne.-

    Onze, douze, treize..! La chance est avec moi. Les fruits interdits se mêlent et se déversent dans la gorge de la jeune femme, enivrant ses sens, soûlant son âme. -Frisson- son corps se dissolvait peu à peu sous l'effet de l'alcool...elle était heureuse d'assister une nouvelle fois à la disparition complète de son être! Un cirque fou résonnait dans sa tête! C'était les trompettes de la vie, la débauche de la mort!
    Une catin de verre, Bella se tassait se ramollissait, ses muscles s'écrasaient sous leur propre poids. Un mélange manichéen se formait au tréfonds même de ses entrailles. Vint enfin le moment crucial, l'apogée de son cauchemar...la chute final. L'étreinte de la demoiselle se fit plus lâche autour du goulot de la bouteille qui finit par s'écraser au sol en un même mouvement que la belle. Son corps gisant sur la banquette, son ondoyante chevelure blonde, son torse se soulevant d'un rythme saccadé secouait par des tremblement était un spectacle auquel elle aurait aimé assister...sa propre déchéance était sa plus belle récompense.

    Jolie, tendre, délicieuse enfant! Quel est ton rêve? Que veux tu faire quand tu seras grande? Grande...non, la fée carabosse sera déjà passée.

    Quatorze. Des ombres dansaient devant les yeux de verre de la demoiselle à la robe de ciel. L'une d'elle se détacha, s'approcha de la forme gisante. Du fond de son sommeil, la belle essaya de questionner la "Réalité":

    B.Hazelnut- Qui...?


Wyborne
    Il faisait nuit. Il n’avait rien à faire, le Hellcat était fermé ce soir, il avait tout nettoyé et après une petite balade, avait réalisé qu’il n’était pas disponible. C’était assez décevant et aussi libre que l’air -ou le thé-, celui qu’on appelait encore de temps à autre le chapelier fou, avait erré dans les rues. Une heure, deux heures, il s’ennuyait et après avoir lancé un vague regard autour de lui, c’était finalement décidé à pénétrer dans le Evil Apple. Il y avait longtemps qu’il n’était pas venu mais il n’y venait plus non plus et c’était là, toute la réponse à son absence. Depuis combien de temps n’avait-il pas passé la porte de cette boutique aux apparences trompeuses? Une année? Deux surement et il soupira lorsque son corps tomba doucement contre un siège. Sa main chercha par instinct son thermos mais ne trouva rien, ce qui le fit grincer des dents. Il l’avait laissé au Hellcat, il l’avait vidé quelques heures plus tôt. Ça irait pourtant, il le savait, il n’avait qu’à boire quelque chose et ça irait, très bien même. Ne surtout pas laisser sa gorge se dessécher, boire. Oh oui, boire encore et encore, il en avait besoin. Toujours.

    Fixant la place vide en face de lui, s’étant finalement assis à une petite table pour deux personnes, il se mit à regretter l’abandon de son précieux thermos. Bien entendue, il était vide et il ne pouvait pas changer ce fait mais il aurait du en économiser le précieux nectar ou encore, faire un saut à la maison avant de ne sortir. Oui mais il avait cru qu’il serait là et sa simple présence aurait suffit à calmer ses envies ‘liquides ‘. Mais ça n’avait pas fonctionné et il avait fallu que cet idiot de lièvre, non ce cher lièvre, sois indisponible. Ce devait être un mensonge, il le savait mais, ce soir il n’avait pas voulu se battre. C’est que le manque de thé se faisait ressentir et lorsqu’Iria passa pour lui demander ce qu’il foutait là, il se contenta de sourire avec son air de gentleman. Il n’était pas venu depuis un moment hein, elle était étonnée et elle ne le cachait pas, quant à elle, ses jupes étaient toujours aussi courte et son décolleté aussi… grossier? Oh, il aurait pu être macho, lui faire remarquer qu’en ce moment, elle avait tout l’air d’une pu… pucelle troublée par son statut mais elle était trop vieille pour y avoir droit. Il se contenta donc de regarder ailleurs que dans son décolleté, de sourire aimablement et de parler avec douceur.

    « Bonsoir Iria, je prendrais un peu de thé.

    Bien trop vieux pour la dame, son comportement ne la froissa pas un iota, ce qui l’arrangeait bien d’ailleurs et elle se contenta de grommeler qu’il était chiant avec son foutue thé. Finalement, il ne lui avait probablement pas manqué, grand bien lui fasse! Ses petits yeux bleus se mirent alors en quête de quelque chose pour l’occuper. Iria avait beau râler contre ses goûts peu conventionnel -qui avait idée d’aller commander du thé dans un bar mal famé hein- elle allait tout de même lui faire du thé. On parlait beaucoup contre elle dans la ville, on la disait dépravée -ce qui était quand même vrai, il fallait l’avouer- mais elle restait tout de même une hôte agréable. Pas complètement dévouée mais elle faisait de son mieux et Wyborne l’appréciait, un peu. Alors que son thé se préparait, il fallait que l’eau bouille quoi, ce qui agaçait d’ailleurs la propriétaire qui avait hâte de retourner auprès du petit bout d’homme qu’elle avait repêché dans la ruelle voisine, il remarqua une jeune femme. Elle ne lui disait rien, enfin son visage de poupon oui mais l’espace de son nom était toujours vide dans son esprit, surement un contre-effet de son manque de ‘thé’.

    Elle ramassait les verres vides, rien de très étonnant donc mais sa façon de le faire avait de quoi étonner. Il aurait été difficile de la rater d’ailleurs avec ses longs cheveux qui attiraient la lumière du bar et dieu sait qu’elle était assez limitée ici. On aurait dit qu’elle dansait sur ses gracieux petits pieds et il l’observait, comme deux autres types tien, voltigeant d’une table à l’autre. Était-elle en équilibre? Elle semblait avancer sur un fil, tel un funambule peu prudent mais il se demandait surtout si la corde ne se briserait pas avant la fin du numéro. Prudence petite danseuse, tu te tiens sur un fil qui ne t’appartient pas, savait-elle seulement comment l’utiliser? Wyborne se le demandait sincèrement, le regard inquiet mais intéressé, loin de ressembler aux deux autres qui avaient quelque chose de malsain dans les yeux. Bande de vaurien qui ne voyait en elle qu’une source d’assouvissement, de plaisir coupable, de plaisir inaccessible. Qu’est-ce qu’une jolie fille comme elle aurait fait avec eux hein. Mais ils le savaient et ils n’espéraient rien, enfin rien de sa part à elle. Restait à voir si eux, ils sauraient se tenir et c’est là que lui, il se mit à tiquer. Le gentleman était toujours là et lorsque la belle -dieu sait qu’il aurait ajouté un a s’il avait connu son nom- s’effondra, Wyborne fut le premier debout. Rapide le madhatter? Eh si!

    Dépassant ses deux opposants, parce que c’est ce qu’ils étaient devenus dans l’espace de quelques secondes, -bien que le chapelier rechigne à utiliser toute notion de temps- il se posta devant la jeune femme. Ou n’était-elle pas une fille? Il l’observa un instant, très court, trop court pour les deux autres types qui battaient lentement en retraite. Le maquillage avait beau lui donner des airs de femme, ce visage n’avait rien à voir avec la maturité. Elle n’était pas vieille, elle n’était pas jeune, elle n’existait pas complètement dans son esprit et un petit sourire retroussa les lèvres du chapelier. Iria l’appela depuis le bar, un amoncellement de mot craché par une voix agacée, fatiguée surtout. Il acquiesça doucement mais n’en retenue pas la signification, se penchant plutôt sur la petite poupée allongée, ses longs cheveux dansant autour de sa tête, telle l’auréole d’un ange. Quel être étrange elle faisait, comment avait-elle été propulsée dans ce monde sale, ignoble? Elle méritait un joli décor, tout décoré de fleur et plus brillant que le soleil mais ça, il y avait toutes les chances que ça aurait légèrement gâché la beauté de son visage ou la grâce de ses gestes. Peut-être ne vivait-elle ici que pour se faire plaisir? Pour illuminer le bar sordide que tenait Iria, pour être vue, pour vivre tout simplement. Sa voix glissa alors dans l’air en caressant ses tympans, à peine plus fort que le bruit que la souris, qui décampait près de ses pieds, fit.

    « Un simple spectateur, mon enfant.

    Il n’était rien de plus que ça en ce moment et étonnamment, ça lui allait. Elle avait l’âge maudit pour qu’il soit tenté d’en faire une proie mais son visage lui chuchotait le contraire. Trop jeune, bien trop jeune, rien qu’une enfant. Oui et il écoutait cette voix. Ses doigts effleurèrent quand même une mèche dorée et il se redressa, souriant avec un air étrange. Encore une fois, Iria l’appela, énervée cette fois. Il venait le chercher son thé ou pas? Et puis qu’est-ce que fichait Bella? Elle ne dormait pas encore?! Ramenant ses yeux sur la jeune fille, il les plissa doucement. Alors c’était Bella? Iria fit tonner sa voix, ce qui déclencha un fou rire chez sa jeune victime -un petit blond-, la matrone riant avec lui et Wyborne recula d’un pas alors que la poupée désarticulée reprenait vie. Le spectacle était aussi impressionnant que sa chute et il la regarda se lever, charmé par la scène. Mourrait-elle tous les soirs? Était-elle un phoenix? Il cherchait trop loin oui et alors qu’Iria ordonnait à sa jeune pousse de venir chercher le thé du madhatter, celui-ci reprit place à sa table.

    Elle vint finalement le rejoindre, sa tasse dans la main. Il la fixait avec attention, craignant qu’elle ne relâche la tasse et mourant d’envie de la voir mourir –elle aussi- à nouveau. Qu’elle lui apporte son liquide, qu’il puisse enfin s’abreuver, qu’il puisse revivre lui aussi. Elle pourrait s’effondrer tout à sa volonté une fois qu’elle aurait terminée sa course. Mais lorsqu’elle posa la tasse devant lui, lui, soupirant de soulagement, il ne put s’empêcher de s’emparer de son gracile poignet.

    « Bella… Un nom tout choisis si je puis me permettre. Et si vous preniez le thé avec moi?

    Son offre n’avait rien de malsain, pas de désir caché, juste une envie de partagé du thé. Iria se remit à ronchonner derrière son comptoir. Quel chieur ce chapelier toqué, parce qu’on le savait fou tout de même, il n’allait pas lui demander de faire plus de thé quand même hein? Mais elle en avait une théière pleine, quelle mauvaise foi! Souriant, comme si il n’entendait pas les commentaires de la sorcière à la jupe courte, il tapota gentiment la table, juste en face de lui. Un des deux types se redressa finalement et quitta le bar, l’autre restant sur le qui-vive. Après tout, il n’était pas trop tard, Bella pouvait toujours refuser et là, il guetterait sa prochaine chance. Restait à voir si Wyborne la laisserait lui refuser son invitation.
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MessageSujet: Re: __Darkness Touch* [Wyborne&LaBelleAuBoisDormant]   Jeu 25 Nov - 9:03

La Belle au bois dormant

    Es-tu la mort? Suis-je la vie? Douce est la première...Déchirante est la seconde. Que veux tu? Où es-tu? Mélange manichéen. Noir et Blanc. Le Loup et l'Agneau.

    Petite Princesse transparente, tu ne résides ici bas dans aucun coeur. Aucune âme ne pense à toi...tu résides en ces contes de fées où princes, princesses et sorcières chanteront et danserons ensemble main dans la main. Les ogres et les licornes eux mangeront côte à côte pendant que loups et cigognes s'échangeront politesses et gentillesses.
    Le pont de la Mer Dorée est bien peu rassurant au-dessus de l'abîme qu'est ta douce folie. Pourtant ce soir, cette nuit, pour la première tu vas pouvoir errer et danser sur les pavés de ton existence! Rire et chanter ne seront plus pour toi des souvenirs incertains...Car pour la première fois quelqu'un a remarqué ta timide présence...Il t'a vu, toi petite fille à la robe de papier de ciel.

    Tremble, tremble Bella, Pauvre Chose. Une brindille emprisonnée, un poignet saisit et le visage de cire de la poupée se craquelle..! Le cadavre ambulant ne savait que faire, que dire...Il n'était pas un de ces clients habituelle du Evil Apple, elle ne l'avait jamais vu, jamais entendu. Le Poison de l'oubli agissait encore quelque peu sur la demoiselle, son esprit n'avait pas encore totalement reprit place à l'intérieur de sa prison charnelle.
    Bella posa d'un geste peu sûr la tasse emplie d'un liquide totalement inconnue, elle qui ne connaissait que les odeurs fortes, brûlante et savoureuse des alcools, se demandait ce que pouvait bien être cette chose au essence végétal.

    Bois moi. Croque moi. Tue moi. Éventre moi. Pareil à la bouteille, au champignon et au cancrelat, je rampe, me brise et pourrit. Une douce folie carnassière, un brouet d'excentricité. Bella a la tête dans les nuage et les pied au Royaume des Morts.

    Sa longue chevelure qui tombait en pluie sur ses épaules avant de s'écraser lamentablement sur ses reins, témoignait du peu de soin qu'il leur avait été apporté...sa beauté misérable était-elle la cause de ses malheur? La belle dégagea son poignet d'albâtre de la main inconnue! Elle n'avait pas peur, elle était seulement un peu embrouillée! Revenir à la vie n'est pas chose facile, car une fois réveillé, la seule envie qui vous fait tenir est celle de mourir encore et encore..! Cet Homme allait donc retarder sa prochaine mise à mort. Exécution cosmique. Disparition papillonaire.

    Bella s'assit sans rechigner. Elle posa son maigre corps sur les sièges inconfortable et peu entretenus du Evil Apple (ils étaient à l'image de la patronne, des lieux de passage commun...), la curiosité l'avait emporté! Qu'y avait-il donc dans cet tasse pour que ce client inhabituelle le demande avec tant d'ardeur..? La jeune femme espérait quelque chose de plus et de plus brûlant, une boisson qui écorche et qui tue cent fois, mille fois plus vite! Qui vous expédie illico presto au Royaume des Songes, au pays des Rêves! Ce ne pouvait-être qu'une de ces Liqueur du Sommeil pour être désiré avec tant d'ardeur!
    Il n'y avait plus grand monde au bar, il s'était vidé de toutes ces carpes aux yeux poissonneux venu oublier la tristesse et la pauvreté de leur vie sans intérêt. La demoiselle, obsédée par la boisson inconnue ne pouvait détacher son regard de la tasse, cela devenait presque impolie mais elle ne s'en rendait pas compte...cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas eu de contact humain bien réel mise à part dans se rêves où les Princes de Brouillards et de Fumées la prenaient par la main pour l'emmener dans des palais aux vitres brisées...

    B.Hazelnut- «Oui...Monsieur...»

    Monsieur Quoi? Sa voix était faibles et ses paroles enfantines...sa maladresse n'avait d'égales à sa lenteurs mais c'était elle, c'était Bella. Toujours un peu derrière, souvent à la ramasse, ses neurones gorgées d'Elixir des Songes, son cerveaux noyé se dissolvant lentement au milieu d'une mer d'alcool.

    B.Hazelnut- «Qu'est-ce que c'est que...ça..?»

    Une fine branchette. Elle désignait de son doigt maigre la théière qui accompagnait l'odeur florale du thé. L'Endormie n'avait pu retenir sa curiosité dévorante face à ce nouveau breuvage -Vais-je mourir plus fort encore?- Un courant électrique, un choc cosmique la parcours à l'idée de se brûler...de s'écorcher. Bûcher du Sommeil.
Wyborne
    Elle se laissa tomber en face de lui et dès que ses fesses touchèrent le siège, trop peu rembourré, il sut qu’il avait gagné. C’est qu’il avait affaire à une princesse en mal d’émotion, avide de connaissance, il n’y avait qu’à voir ses yeux affamés. Elle dévorait sa tasse des yeux, se posait mille et une questions dans sa jolie petite tête. Mais maintenant qu’elle se tenait bien droite en face de lui, assise du mieux qu’elle le pouvait sur sa pauvre chaise, il devait reconnaitre qu’elle n’était plus aussi belle. Le a lui allait bien, sans le a, le portrait n’aurait pas été réel. Que du bluff, définitivement. Elle aurait pu être belle, très même, mais il avait du trop peu chez elle. Son poignet était trop fin et ses yeux trop embrouillés, quelque chose d’inquiétant y flottait. Pas pour lui, non bien entendue mais pour elle. Est-ce qu’il se cachait un démon en cette petite fille à sacrifier? Un monstre qui tentait de l’aspirer de l’intérieur? Peut-être tentait-il de prendre sa place? Après tout, ici ce ne serait pas étonnant. Non pas du tout.

    Toute fois, il appréciait sa compagnie. Belle sans le a. Petite sans la mesure. Vivante sans l’essence. Elle l’intriguait, elle l’intéressait et ça lui suffisait pour le moment. Oh, ça ne valait pas sa compagnie mais au moins, pour l’instant, il ne s’ennuyait pas. Souriant, parfait gentlemen -toujours-, il attrapa sa tasse avec la grâce d’un homme du monde. Quand Wyborne buvait son thé, il devenait un tout autre homme. Attention, nous parlons bel et bien de boire avec une tasse et non pas son thermos. Si avec le second il avait des airs inquiétant, presque comme un enfant qui tète avidement son biberon, par crainte de le vider et se préparant à brailler pour en obtenir un autre, le premier le rendait charmant. Il n’avait plus rien à voir avec son titre. Plus de chapelier, plus de toqué, juste un homme, un grand en plus, qui appréciait la plus belle chose au monde. Du thé. Ses doigts s’enroulèrent aimablement autour de la porcelaine, appréciant la chaleur du matériau, il soupira et approcha la tasse de ses lèvres. Son dos c’était redressé élégamment, il avait un port de tête digne de ce cher duc, peut-être même de ce pauvre roi mort -mais en moins mort, bien entendue-. Il était l’amant parfait, le seul et l’unique que le thé ne pourrait jamais connaitre. Et son palet se laissait séduire par le liquide chaud. Et elle, elle le fixait, terrible petite voyeuse intriguée par la scène qu’il jouait pour elle. Chacun son tour, ils avaient montés sur la scène. C’était son tour et en bon exhibitionniste qu’il était, il prenait son temps, la faisait le désirer. Le thé, pas lui.

    Elle le fixait mais voyait-elle seulement? Il se posa la question, question qui se perdit dans ses pensées. Le thé l’enchantait et il se laissait mener par celui-ci. Oh oui, ensorcèle moi, fascine moi. Le liquide l’envahissait, faisait tressaillir jusqu’à son âme et il ferma les yeux un instant. Celui-ci était d’ailleurs parfait et il frémissait de bonheur. Ce n’était pas son thé mais c’était largement suffisant pour ses papilles. En fait, sa bouche n’était pas fidèle, pas plus que son estomac et le thé, lui, n’avait rien d’un compagnon jaloux. Il pouvait l’échanger pour un autre à tout moment, sans jamais récolter le moindre reproche. Non, le thé était plus compréhensif que bien des gens qu’il connaissait. Si seulement lui aussi, pouvait apprendre à l’accepter tel qu’il était. Non pas comme un infidèle, parce qu’il serait capable de lui être fidèle à lui, en fait il l’avait toujours été mais bien en tant que Wyborne. La vie était cruelle. Pas le thé. Non, jamais. Et sentir les prunelles de la jeune femme sur lui, augmentait le plaisir alors qu’il se délectait de son thé. Oh oui, fixe moi petite, boit moi du regard, comme moi je le bois lui. Lui et pas lui. Ça, c’était une autre histoire.

    Ce n’était jamais très intelligent que de songer à lui et ce fut suffisant pour briser la magie du moment. Il retrouva donc la belle -avec la mauvaise voyelle-, la trop maigre princesse, pourtant superbe dans sa robe bleu, aussi bleu que ses yeux à lui, à l’aide de ceux-ci. Un petit sourire courtois s’empara de ses lèvres et il regarda la théière, à son tour. Quel drôle de question. Il réprima son envie de rire et se contenta de la fixer attentivement. Il ne doutait pas un instant du sérieux de sa question mais il aimait son expression. Elle se mourrait d’y goûter, il voyait tout son être -chétif soit-, se tendre vers le plus grand des élixirs qui soit. Le voulait-elle autant que lui? Le désirait-elle aussi fort que lui? Il en doutait, il doutait souvent il fallait dire mais il se sentait généreux aussi et il leva simplement sa main dans les airs. Petit signe bien noble pour la sorcière à la jupe courte.

    « Iria, ma chère. Peux-tu nous apporter une autre tasse ?

    Un autre caprice, sans aucun doute. La propriétaire se remit à ronchonner mais ça n’intéressait plus personne depuis un moment. Après tout, elle n’était qu’un personnage secondaire dans le film qu’ils se jouaient, lui et sa princesse. Iria n’était qu’un élément du décor, un accessoire remplaçable, non définitif. Il ne prit pas même le temps -dieu nous garde d’avoir à faire avec ce salaud de toute manière- de la regarder, après tout c’était son job. On ne tient pas un bar pour y travailler et ne pas vouloir servir les clients. Hors, il en était un, pas elle, mais lui si. Comme il l’avait invité à sa table, la demoiselle aux paupières lourdes, devenait donc elle aussi, une cliente. C’était le principe de la chose et si Iria avait osé lui dire le contraire, il ce serait surement emporté. Sauf qu’elle le connaissait un peu la dame, elle connaissait son petit caractère, son obsession pour l’étiquette et sa conduite exemplaire. Enfin, ça c’est lui qui le disait. Hors, elle ne devait pas avoir envie d’avoir à faire affaire avec ses sermons. En plus, ce soir elle avait de la viande fraîche à se mettre sous la dent. Il respectait ça.

    Hôte exemplaire pour une fois, elle vint poser une tasse devant eux. Ils ne remarquèrent peut-être pas le réceptacle mais après quelques clignements de paupières, Wyborne sourit. La délicieuse enfant allait enfin connaître la douceur du thé, sa force et sa chaleur. Il n’existait pas mieux que ça et il allait partager son obsession avec elle. Il ne restait plus qu’à espérer qu’elle soit aussi enivrée par son goût, sa substance et sa texture, que lui. Sinon il y avait fort à parier que l’homme serait vexé. Il se froissait pour un rien, encore plus depuis qu’il l’avait revu. Versant le liquide cuivré dans la tasse, fraichement déposé devant eux, il poussa délicatement celle-ci vers elle. Son sourire en disait long, on aurait cru qu’il n’était qu’un revendeur de came. Vas-y ma jolie, prend la, profite. Tu vas voir, c’est de la bonne. Tu vas planer. Oui mais il n’y avait rien dans ce thé là et il ne le regrettait qu’à moitié. Si elle pouvait goûter son thé, elle aurait réellement comprit. Seulement, c’était interdit. Depuis qu’elle était morte, qu’il avait souffert, ça avait été interdit. Par qui? Wyborne. Une règle personnelle qu’il s’entendait respecter.

    « Là… Gentiment, enroule tes jolis doigts autour de l’anse, là. Tout en douceur… oui. Tu dois être câline avec la porcelaine, trempe ensuite tes lèvres et laisse le liquide envahir ta bouche. Oui, c’est ça. Gentille fille…

    Le ton était caressant, presque tendre en ce moment. Il faisait de son mieux pour qu’elle comprenne, qu’elle suive ses indications. Il était convaincue qu’en suivant sa méthode à lui, elle arriverait à goûter l’enchantement, à atteindre l’extase. Après tout, lui il la connaissait. Il le connaissait, lui. Le thé. C’était à son tour de la regarder faire et les yeux luisant de plaisir, il ne fit qu’une bouchée de la scène. Délicieux thé. Délicieuse enfant. Elle savait y faire et un sourire de satisfaction fit frémir ses lèvres.

    « Tu le sens ? Il te fait la cour. Il te fait l’amour. C’est un jeu de séduction, un jeu de tentation. Laisse-le gagner. Laisse-toi berner.

    Il parlait sans réfléchir, le thé s’occupait de le faire articuler. Tout se déversait sans qu’il ait à mesurer la quantité, comme le liquide qui l’appelait depuis sa tasse. Il se lécha les lèvres lorsque son regard découvrit les lèvres humides de la jeune femme. Là, elle se devait de l’imiter, de ne rien laisser. Il ne faisait pourtant rien de mal, aussi pervers que son petit jeu puisse sembler pour les quelques clients restant du bar. Lui, il profitait du thé, il le caressait avec des mots. Il tentait simplement de faire comprendre combien le liquide était spécial à la jeune fille. Comprenait-elle?

    « C’est ce qu’on appelle du thé. Un liquide sans pareil, le plus noble de tous, le plus grand! Ne l’oubli pas Bella… ne laisse pas une goutte t’échapper, sous peine de le regretter. Et tout le monde sait que les regrets, c’est mal. Lui le premier! S’il te plait, lèche tes lèvres. Ce n’est pas charmant pour une jeune fille que de laisser autant de liquide sans le cueillir. On ne t’a pas donné de langue sans raison tu sais. Aussi bien t’en servir.
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